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Conflits · depuis · maj · 8 sources

Un satellite militaire russe s'approche d'un satellite radar commercial lié à l'Ukraine

Cosmos-2612 a commencé à se rapprocher d'ICEYE-X36 à la mi-octobre, et les estimations de la distance atteinte vont d'environ 500 mètres à moins de 100 mètres. LeoLabs qualifie les manœuvres de délibérées, mais aucune source n'établit ce que Moscou recherchait.

Un rapprochement en orbite

Le satellite militaire russe Cosmos-2612 a entamé des changements de vitesse brusques fin septembre pour rejoindre le plan orbital d'ICEYE-X36, un satellite radar commercial enregistré aux États-Unis et détenu par la branche américaine de la société finlandaise ICEYE. Cosmos-2612 était l'un des six satellites Kosmos lancés par la Russie en avril, et plusieurs de ses compagnons l'ont ensuite rejoint sur une orbite similaire. Selon les données de trajectoire analysées par l'AFP, il n'a cessé d'ajuster sa trajectoire jusqu'à se trouver à un centième de degré de l'orbite du satellite commercial. Entre le 15 et le 19 octobre, selon LeoLabs, il s'est déplacé alternativement devant et derrière ICEYE-X36, à environ 550 kilomètres d'altitude, avant de commencer à s'éloigner.

Principaux moments de l'approche de Cosmos-2612 vers ICEYE-X36
Fin septembre 2026Cosmos-2612 entame des changements de vitesse brusques pour rejoindre l'orbite d'ICEYE-X36
2026-05Quatre satellites militaires russes s'approchent d'un satellite radar commercial utilisé par l'Ukraine
2026-10-15Cosmos-2612 commence à se rapprocher rapidement d'ICEYE-X36 depuis environ 350 kilomètres
2026-10-16La distance tombe sous les cinq kilomètres au matin, selon des rapports citant LeoLabs
2026-10-18L'analyse de trajectoire de l'AFP place les deux satellites à moins de 100 mètres l'un de l'autre au matin
2026-10-19Cosmos-2612 commence à s'éloigner d'ICEYE-X36, selon LeoLabs

Des distances variables selon les sources

Les chiffres diffèrent parce que les rapports ont mesuré l'écart à des moments différents. CNN, cité par Courrier international, a rapporté que la distance était passée d'environ 350 kilomètres le 15 octobre à moins de cinq kilomètres le matin du 16 octobre. Al Jazeera, citant LeoLabs, situe le point de départ à plus de 320 kilomètres et le point le plus proche à environ 4,8 kilomètres. LeoLabs a estimé le rapprochement maximal à environ 500 mètres, un chiffre qu'elle a qualifié d'incertain. L'analyse de trajectoire de l'AFP place les deux satellites à moins de 100 mètres l'un de l'autre le matin du 18 octobre, et LeoLabs a indiqué que, le lundi 19 octobre, Cosmos-2612 avait commencé à s'éloigner.

Ce que les observateurs pensent de l'intention

LeoLabs a déclaré que les événements ne prouvaient pas une intention hostile, mais que les capacités déployées pouvaient servir à la collecte de renseignements, à l'inspection en orbite, à une signalisation coercitive, à des interférences ou à la préparation de futures opérations de contre-espace. Clayton Swope, du Center for Strategic and International Studies, a déclaré qu'il n'avait aucune idée de ce que Moscou recherchait, tout en ajoutant que rien ne suggérait que les manœuvres aient eu un but pacifique. Georgy Trishkin, analyste spatial russe interrogé par The Insider, a jugé une attaque directe peu probable, car elle pourrait être interprétée comme une agression contre les États-Unis. Lise Erard, de Rasmussen Global, a soutenu que la Russie et la Chine agissent depuis longtemps d'une manière qui contredit les principes d'utilisation pacifique dont elles accusent Washington de violer.

Contexte plus large dans l'espace

Erard a déclaré que les États-Unis avaient annoncé au public en septembre avoir stationné des armes dans l'espace, un changement par rapport à leur doctrine antérieure. Mark Hilborne, du King's College de Londres, a déclaré à Al Jazeera que la Russie avait surtout visé des satellites militaires occidentaux plutôt que commerciaux. Début 2020, deux satellites russes se sont approchés de USA 245, un satellite espion américain. En mai de cette année, quatre satellites militaires russes se sont approchés d'un satellite radar commercial utilisé par l'Ukraine, et la US Space Force a qualifié ces manœuvres de très gourmandes en carburant. La Russie avait auparavant qualifié de cibles légitimes les satellites commerciaux fournissant des données à l'Ukraine, selon Handelsblatt.

Le lien avec l'Ukraine et les réponses de l'entreprise

Le bureau américain d'ICEYE a déclaré être au courant de la situation et la suivre de près. En janvier, l'entreprise a annoncé un partenariat élargi avec l'armée ukrainienne pour améliorer la connaissance de la situation et la planification tactique. Le directeur général d'ICEYE, Rafal Modrzewski, a déclaré à Reuters que l'entreprise avait déplacé son propre satellite, ce qui semble avoir provoqué de nouvelles manœuvres russes. Un responsable ukrainien a déclaré à Axios que l'armée travaille avec ICEYE, mais il n'est pas clair qu'ICEYE-X36 lui-même soutienne l'Ukraine. ICEYE a refusé de dire si le satellite est utilisé directement par l'armée ukrainienne, et le ministère russe de la Défense, les forces aériennes et spatiales et Roskosmos n'avaient pas répondu aux demandes de commentaires de CNN.

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Sources