Une juge fédérale bloque le décret révisé de Donald Trump restreignant le droit du sol
La juge fédérale Deborah Boardman a accordé une ordonnance restrictive temporaire interdisant aux agences fédérales d'appliquer le décret d'août de Donald Trump sur le droit du sol, estimant que la mesure contredit une décision de la Cour suprême de juin.
Ordonnance restrictive du tribunal du Maryland
Le 2 septembre 2026, la juge fédérale Deborah Boardman à Greenbelt, dans le Maryland, a émis une ordonnance restrictive temporaire empêchant l'administration Trump d'appliquer un décret limitant le droit du sol. La décision bloque temporairement les agences fédérales de toute action visant à entraver, refuser ou ne pas reconnaître la citoyenneté des enfants couverts par un recours collectif en cours. Les agences concernées comprennent le Département d'État américain, le ministère de la Sécurité intérieure, les Services de citoyenneté et d'immigration des États-Unis, et l'Administration de la sécurité sociale. L'ordonnance restrictive s'applique à une classe certifiée d'enfants nés après le 19 février 2025, de parents immigrés sans papiers ou résidents temporaires. Boardman a conclu que la directive révisée était presque certainement inconstitutionnelle dans son application à la classe certifiée.
Aucun décret présidentiel ne peut défaire ce que la Cour suprême a fait.
Le précédent de la Cour suprême
La décision s'appuie directement sur l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis dans Barbara c. Trump, rendu le 30 juin 2026. Dans cette affaire, la Cour suprême a jugé 6-3 que le premier décret de 2025 du président Donald Trump violait la clause de citoyenneté du Quatorzième Amendement. La clause confère la citoyenneté à toute personne née aux États-Unis et soumise à leur juridiction, un droit automatique qui s'applique depuis 1868. Le premier décret de Trump cherchait à refuser la citoyenneté automatique aux enfants dont les parents n'avaient pas la citoyenneté américaine ou la résidence permanente légale, communément appelée carte verte. Boardman a noté que la haute cour avait déjà tranché le statut juridique de la classe certifiée, ne laissant aucune place à une modification par l'exécutif.
Cette Cour doit, une fois de plus, interdire provisoirement l'application de la tentative la plus récente du président de priver du droit à la citoyenneté.
Dispositions du décret d'août
Après sa défaite devant la Cour suprême, Trump a signé un décret révisé le 6 août 2026. La nouvelle mesure a restreint les restrictions de l'administration en se concentrant sur le tourisme de naissance, où des mères étrangères se rendent aux États-Unis pour accoucher afin que leurs enfants obtiennent la citoyenneté automatique. Le décret visait également à refuser la citoyenneté aux enfants dont les parents travaillent pour des gouvernements étrangers dans le pays, obtiennent la citoyenneté par fraude ou transactions commerciales, ou sont classés comme ennemis étrangers. L'administration a défini les ennemis étrangers comme incluant les membres de groupes terroristes étrangers et de cartels de la drogue. Les avocats du ministère de la Justice ont fait valoir que les décisions de justice antérieures n'excluaient pas des exceptions spécifiques et étroites, comme celles appliquées traditionnellement aux diplomates étrangers.
| 20 janv. | Donald Trump entame son second mandat et publie un premier décret limitant le droit du sol |
|---|---|
| 19 févr. | Date de certification de la classe pour les enfants nés de parents non citoyens |
| 30 juin | La Cour suprême des États-Unis juge 6-3 dans Barbara c. Trump que le premier décret est inconstitutionnel |
| 6 août | Trump signe un décret révisé ciblant le tourisme de naissance et les ennemis ennemis |
| 2 sept. | La juge Deborah Boardman émet une ordonnance restrictive temporaire bloquant l'application du décret d'août |
Contestations judiciaires et réponse de l'administration
Des organisations de défense des immigrés, notamment CASA, l'Asylum Seeker Advocacy Project, et l'Institute for Constitutional Advocacy and Protection, ont demandé l'ordonnance restrictive pour protéger les nouveau-nés. Dans son avis de 35 pages, Boardman a écrit que l'administration avait complètement mal interprété l'opinion majoritaire de la Cour suprême et adopté une interprétation déformée de ses limites juridiques. Elle a souligné les risques d'application arbitraire, citant des procédures d'expulsion récentes où des fonctionnaires ont accusé des ressortissants vénézuéliens de liens avec le groupe criminel Tren de Aragua sans présenter de preuves. Shana Khader, directrice juridique de We Are CASA, a salué la décision, notant que l'administration a perdu des contestations tant devant les tribunaux de district que devant la Cour suprême. Un porte-parole de la Maison-Blanche a critiqué la décision comme une tentative d'un juge activiste de bloquer les politiques du président.
Sources
- US judge blocks Trump's newest order limiting birthright citizenship
Reuters · 2 sept. - Judge blocks new effort to limit birthright citizenship by Trump
BBC · 3 sept. - Trump erleidet Teilniederlage bei neuem Geburtsrechtsplan
watson.ch/ · 3 sept. - Judge blocks Trump's latest attempt to limit birthright citizenship
Washington Post · 3 sept. - Judge Blocks Trump's Second Try to Restrict Birthright Citizenship
The New York Times · 3 sept. - Richterin blockiert Trumps Vorstoß zu Staatsbürgerschaftsrecht
newsORF.at · 3 sept. - US judge blocks newest birthright citizenship order
RTE.ie · 3 sept. - USA: US-Richterin stoppt Vorstoß gegen Staatsbürgerschaft durch Geburt
Handelsblatt · 3 sept.