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Ultimatum du PiS expiré : les loyalistes de Morawiecki rejettent la déclaration, les discussions avec Kaczyński échouent

Le délai de minuit imposé aux députés du PiS de renoncer à toute affiliation externe est passé sans résolution, la faction de Mateusz Morawiecki ayant refusé publiquement de signer ce qu'elle qualifie de « lojalka ». Une réunion de trois heures entre Jarosław Kaczyński et l'ancien Premier ministre s'est achevée sans accord.

Le délai fixé par la direction de Droit et Justice (PiS) pour que ses députés déclarent ne pas appartenir à des associations politiques externes a expiré à minuit le 23 juillet 2026, creusant un fossé entre le président du parti Jarosław Kaczyński et l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki. L'ultimatum, émis par le Comité politique du parti le 15 juillet, visait principalement l'association « Rozwój Plus » (Développement Plus) de Morawiecki, qu'il a lancée en avril. Les députés n'ayant pas soumis la déclaration risquaient l'exclusion.

La réunion infructueuse

Le 23 juillet, Kaczyński et Morawiecki se sont rencontrés au siège du PiS, rue Nowogrodzka à Varsovie, pendant plus de trois heures, rejoints par le secrétaire général Piotr Milowański et l'ancien ministre Jacek Sasin. Les discussions ont pris fin vers 15h00 sans accord. Le porte-parole du PiS, Rafał Bochenek, a indiqué que Kaczyński avait proposé des compromis, notamment la mise en sommeil de Rozwój Plus jusqu'aux élections législatives et le transfert de ses activités au parti avec un soutien total. Morawiecki a rejeté la proposition.

Les discussions n'ont pas abouti à une conclusion positive, également parce que le vice-président Morawiecki n'a pas accepté un traitement égal de tous les députés du club, souhaitant se réserver des conditions particulières.

— Rafał Bochenek

Bochenek a ajouté que Kaczyński lui-même avait signé la déclaration requise. Cependant, les alliés de Morawiecki ont fait valoir que la mise en sommeil proposée équivalait à une liquidation. L'eurodéputé Piotr Müller l'a qualifiée de « liquidation en pratique de l'association ».

Défi public

Dans les heures précédant le délai, plusieurs députés du camp Morawiecki ont annoncé publiquement qu'ils ne signeraient pas ce qu'ils appellent une « lojalka » (engagement de loyauté). Müller a écrit sur X : « Je ne quitte pas le PiS. Cependant, je ne me laisserai pas forcer à signer des engagements de loyauté qui ferment notre parti aux électeurs. » La députée Anna Kwiecień a déclaré : « Vous voulez m'exclure de mon seul parti... mon cœur se brisera. » Le député Sylwester Tułajew a publié le formulaire et déclaré qu'il était au PiS depuis plus de 25 ans et qu'il ne signerait pas.

Je n'ai pas signé l'engagement de loyauté et ne le signerai pas. Je suis au PiS depuis plus de 25 ans. Toujours fidèle ; toujours loyal ; toujours à votre disposition et sur ordre. Ne me poussez pas dehors et ne me jetez pas hors de mon parti.

— Sylwester Tułajew

Sept députés de Basse-Silésie et un eurodéputé de Rozwój Plus ont également refusé de signer. Le député Ireneusz Zyska a déclaré que le parti devrait se concentrer sur un large front de droite pour battre le gouvernement de Donald Tusk lors des élections de l'année prochaine, plutôt que sur la discipline interne.

Accusations et contre-accusations

Les suites de la réunion ont déclenché une querelle publique. Le député indépendant Marek Jakubiak, un partisan de Morawiecki, a affirmé que Sasin « s'était imposé » et avait « gâché la réunion ». Sasin a démenti, affirmant que Kaczyński l'avait invité. Le journaliste Michał Wróblewski a rapporté que Sasin avait été invité à l'insu de Morawiecki pour signifier que Morawiecki n'était pas sur un pied d'égalité avec le président.

Marek, pourquoi racontes-tu de telles bêtises, sans rien en savoir ?... L'hôte de la réunion était le président Jarosław Kaczyński et c'est lui qui m'a invité.

— Jacek Sasin

Parallèlement, Bochenek et Müller se sont affrontés sur les réseaux sociaux à propos de l'interprétation de l'offre de compromis. Bochenek a répondu aux commentaires de Müller par « Triste, ce que tu fais ».

Réaction de l'opposition et prochaines étapes

La Coalition civique (KO) au pouvoir a exploité la tourmente. Le Premier ministre Donald Tusk a tweeté : « Ils se battent pour l'unité du parti pour qu'il n'en reste rien. » Le ministre des Affaires étrangères Radosław Sikorski a plaisanté en disant qu'il aimait tellement le PiS qu'il en voudrait au moins deux. Pour la KO, ces querelles internes ont offert une accalmie après les récents scandales hospitaliers qui dominaient l'actualité.

Ils se battent pour l'unité du parti pour qu'il n'en reste rien.

— Donald Tusk

Le parti devrait décider la semaine prochaine des conséquences pour ceux qui n'ont pas signé. Au matin du 23 juillet, environ 150 des 186 députés du PiS avaient soumis la déclaration, selon Sasin. Le sort des membres restants, dont Morawiecki et ses alliés, est désormais en suspens.

Chronologie du conflit interne au PiS
2026-07-15Le Comité politique du PiS adopte une résolution exigeant des députés qu'ils renoncent aux associations externes.
2026-07-22Le porte-parole Bochenek annonce le délai de minuit du 23 au 24 juillet.
2026-07-23T12:00Début de la réunion Kaczyński-Morawiecki au siège du PiS.
2026-07-23T15:00Fin de la réunion ; Bochenek indique que les propositions de compromis ont été rejetées.
2026-07-24T00:00Expiration du délai ; les députés de la faction Morawiecki refusent de signer.
Semaine prochaineLa direction du parti doit décider des conséquences pour les non-signataires.
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Sources