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Diplomatie · depuis · maj · 8 sources

Trump conditionne l'accord nucléaire saoudien aux accords d'Abraham, jetant le doute sur l'entente un jour après sa signature

Un jour après avoir annoncé un accord nucléaire civil avec l'Arabie saoudite, le président Trump a déclaré qu'il était « totalement subordonné » à l'adhésion de Riyad aux accords d'Abraham et à la normalisation des relations avec Israël, une mesure que le royaume a refusée sans une voie vers un État palestinien.

L'accord et ses termes

Mercredi 22 juillet, les États-Unis et l'Arabie saoudite ont annoncé un accord de coopération nucléaire civile de 30 ans. D'une valeur de plus de 10 milliards de dollars, cet accord confie aux entreprises américaines un rôle central dans la construction d'infrastructures nucléaires dans le royaume, écartant les concurrents russes et chinois. Le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, a déclaré que l'accord visait à répondre aux « besoins énergétiques » de l'Arabie saoudite et à soutenir le projet du prince héritier Mohammed ben Salmane d'utiliser l'énergie nucléaire pour l'électricité, libérant ainsi du pétrole pour l'exportation. Le texte de l'accord n'a pas été publié, mais des rapports indiquent qu'il pourrait éventuellement permettre à l'Arabie saoudite d'enrichir de l'uranium sur son propre sol, sous réserve d'une étude de faisabilité conjointe de deux ans. Contrairement à l'accord nucléaire des Émirats arabes unis de 2009, le pacte saoudien est strictement bilatéral et n'inclut pas de protocole additionnel avec l'Agence internationale de l'énergie atomique, ce qui soulève des inquiétudes en matière de prolifération.

La condition surprise de Trump

Un jour après l'annonce, le président Trump a bouleversé l'accord avec un message sur son réseau Truth Social. Il a écrit que l'accord « sera approuvé, mais est totalement subordonné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux accords d'Abraham, très respectés et couronnés de succès ». La Maison-Blanche a insisté sur le fait que les Saoudiens étaient au courant de cette condition, bien qu'elle n'ait pas été mentionnée lors de la présentation de l'accord. La secrétaire de presse, Karoline Leavitt, a déclaré aux journalistes : « Le président est toujours le négociateur en chef », ajoutant que Trump « tient beaucoup » aux accords d'Abraham et qu'il « continuera à maintenir » ce lien.

L'accord nucléaire civil [...] sera approuvé, mais est totalement subordonné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux accords d'Abraham, très respectés et couronnés de succès.

— Donald Trump

Le dilemme de l'Arabie saoudite

L'Arabie saoudite a toujours maintenu que la normalisation avec Israël nécessite une voie concrète vers un État palestinien, une perspective que le gouvernement israélien actuel rejette. Les analystes estiment que la demande de Trump place Riyad dans une position extrêmement délicate. Rosemary Kelanic, directrice du programme Moyen-Orient à Defense Priorities, a déclaré qu'accepter cette condition serait « politiquement si toxique que cela pourrait compromettre la survie du régime saoudien ». Aaron David Miller, chercheur principal à la Carnegie Endowment, s'est demandé si cette exigence était « une réaction passagère ou une condition sérieuse », notant que Trump a utilisé les réseaux sociaux comme outil de négociation, même après la conclusion des accords. L'ancien ambassadeur de France en Arabie saoudite, Bertrand Besancenot, a qualifié la manœuvre de Trump de « chantage » qui n'a « aucune chance » de réussir sans un engagement israélien en faveur d'un État palestinien. H.A. Hellyer, du Royal United Services Institute, a déclaré à l'AFP : « Si Washington tente d'imposer la normalisation à Riyad, cela risque de ne pas très bien se passer. »

Accepter la condition de M. Trump empoisonnerait la légitimité de son gouvernement.

— Rosemary Kelanic

Réactions régionales et internationales

L'accord a suscité des critiques d'Israël et d'ailleurs. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié la reconnaissance saoudienne de « saut historique » pour la paix, mais les conditions de non-prolifération moins strictes de l'accord ont troublé les Émirats arabes unis, qui ont renoncé à leurs droits d'enrichissement dans leur propre accord nucléaire. Les critiques avertissent que le pacte saoudien pourrait déclencher une course aux armements nucléaires dans une région déjà meurtrie par la guerre. L'accord intervient également dans un contexte d'hostilités continues entre les États-Unis et l'Iran, Trump menaçant de bombarder les infrastructures iraniennes si Téhéran attaque des navires dans le détroit d'Ormuz. Le même jour, des rebelles houthis alignés sur l'Iran ont frappé un pétrolier saoudien dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Chronologie de l'accord nucléaire américano-saoudien et de la condition de Trump
22 juil. Les États-Unis et l'Arabie saoudite annoncent un accord de coopération nucléaire civile
2026-07-23 matin matinTrump publie sur Truth Social que l'accord est conditionné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux accords d'Abraham
2026-07-23 après-midi aprèsLa secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, déclare que les Saoudiens étaient au courant de la condition

La suite

L'accord doit encore être approuvé par le Congrès américain, où il fait face à une opposition. L'étude de faisabilité de deux ans sur l'enrichissement de l'uranium dépasserait le mandat actuel de Trump, laissant la décision finale à son successeur. Pour l'instant, le sort de l'accord dépend de la volonté de l'Arabie saoudite de céder sur sa condition palestinienne, une étape que les analystes jugent peu probable.

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Sources