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Diplomatie · depuis · maj · 8 sources

Aung San Suu Kyi parle à son fils au téléphone pour la première fois depuis plus de cinq ans

Les autorités birmanes indiquent que l'appel consulaire de 20 minutes, tenu le 22 octobre, est le premier contact entre l'ancienne dirigeante détenue et son fils Kim Aris depuis plus de cinq ans.

Un appel de 20 minutes après cinq ans

Les autorités birmanes ont décrit ce contact comme un appel téléphonique consulaire de 20 minutes, commencé à 14h30 (08h00 GMT). Son plus jeune fils, Kim Aris, vit au Royaume-Uni, et les photographies qu'il a publiées avec son message Facebook semblaient le montrer devant l'ambassade de Birmanie à Londres. Les autorités n'ont pas précisé dans un premier temps comment l'appel avait été établi, et Aris n'a donné aucun détail supplémentaire sur la conversation elle-même. Dans son message, il écrit avoir parlé avec sa mère pour la première fois depuis plus de cinq ans et remercie ceux qui les ont soutenus tous les deux.

Réentendre sa voix compte plus que les mots ne peuvent l'exprimer.

— Kim Aris

Aris a déclaré à l'AFP qu'elle semblait en assez bonne santé, tout en ajoutant qu'à 81 ans les choses ne s'améliorent pas avec l'âge. Les deux ont parlé principalement de la famille, et il a indiqué qu'ils avaient évité les sujets sensibles car ils s'attendaient à ce que l'appel soit enregistré. Sa première question, a-t-il dit, portait sur sa santé et celle du reste de la famille. Il a aussi déclaré que l'enfermement est assez déprimant, mais qu'elle avait paru très heureuse de lui parler.

Sa santé et ses années de détention

Son fils affirme qu'elle est fragile et souffre de tendinite, une inflammation qui provoque des douleurs autour des articulations. Les autorités disent l'avoir transférée d'une prison de Naypyidaw vers une résidence surveillée en avril, et elle reste assignée à résidence dans la capitale. Le coup d'État de février 2021 qui l'a écartée du pouvoir a aussi déclenché une guerre civile toujours en cours, et le groupe de suivi ACLED recense plus de 100 000 morts. Lors d'un procès qui, selon des observateurs indépendants, n'a produit aucune preuve des accusations, un tribunal l'a condamnée à 20 ans de prison pour fraude électorale et corruption. Les organisations de défense des droits humains qualifient cette affaire de procédure politique plutôt que juridique.

Cadeaux, photographies et une visite de la Croix-Rouge

Lundi 19 octobre, les autorités birmanes ont indiqué qu'elle avait reçu un colis du roi Charles III contenant deux livres sur les sols, une enveloppe scellée et une communication diplomatique scellée. Le colis était adressé à elle en tant que « détenue spéciale de sexe féminin », une formule que les autorités n'avaient jamais utilisée pour elle auparavant, et elles ont publié les premières photographies d'elle depuis deux mois. Le palais a refusé de dire ce que contenait la communication. Kim Aris a averti que les cadeaux du roi risquent de légitimer le régime militaire et de banaliser le pouvoir de la junte. En août, les autorités avaient aussi publié des photos de sa rencontre avec un représentant de la Croix-Rouge, la première visite de ce type en cinq ans selon NOS.

Dates clés de la détention d'Aung San Suu Kyi et des contacts avec sa famille
2021-02Le coup d'État militaire écarte Aung San Suu Kyi du pouvoir
2026-08Rencontre avec un représentant de la Croix-Rouge, la première visite de ce type en cinq ans
2026-10-19Les autorités indiquent qu'elle a reçu un colis du roi Charles III et publient les premières photos depuis deux mois
2026-10-22Appel consulaire de 20 minutes avec son fils Kim Aris

Ouverture régionale et politique militaire

Min Aung Hlaing, l'ancien général qui l'a écartée du pouvoir en 2021, a été installé comme président civil plus tôt cette année. Des analystes cités par The Guardian qualifient de mascarade l'élection qui l'a porté au pouvoir et suggèrent qu'un assouplissement de sa détention pourrait aider le régime à obtenir une légitimité internationale. Une chronique du journal The Independent soutient que le régime courtise les États-Unis, la Malaisie, la Thaïlande et d'autres membres de l'ASEAN pour obtenir des accords commerciaux et un allègement des sanctions. Aris a exprimé sa position sans détour.

Ma mère ne doit jamais être prise en otage ni servir de monnaie d'échange pour une reconnaissance diplomatique, un allègement des sanctions ou un avantage politique.

— Kim Aris

Ce que réclame son fils

Aris affirme que l'appel ne doit pas être confondu avec sa libération, et il demande qu'elle soit libérée, ainsi que tous les autres prisonniers politiques, immédiatement et sans conditions. Il a déclaré à NOS que les droits fondamentaux de sa mère sont toujours violés et a mis en garde contre l'illusion que tout est normal. Il a dit qu'une conversation ne équivaut pas à un accès familial régulier.

Une conversation ne constitue pas un accès familial régulier.

— Kim Aris

Sa position est que l'appel ne change rien à sa détention.

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Sources