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Gouvernement · depuis · maj · 8 sources

Berlin : la gauche, le SPD et les Verts avancent vers des négociations de coalition, Merz opposé à l'expropriation des bailleurs

À Berlin, le SPD et les Verts ont approuvé l'ouverture de négociations de coalition avec Die Linke, qui doit encore les valider lors d'un congrès environ deux semaines après le 20 octobre. Le projet de nationaliser les actifs des bailleurs possédant plus de 10 000 logements suscite de vives critiques au sein de la CDU et de la CSU.

Les négociations de coalition prennent forme

Le SPD et les Verts de Berlin ont accepté d'ouvrir des négociations de coalition formelles avec Die Linke, après deux rounds exploratoires qui ont deux fois failli échouer. La direction berlinoise du SPD a pris sa décision dans la soirée du lundi 19 octobre, et les Verts se sont ralliés à la même voie lors d'une petite réunion de parti cette nuit-là. Die Linke doit approuver ces négociations lors d'un congrès extraordinaire environ deux semaines après le 20 octobre, et les discussions pourraient débuter début novembre si les membres donnent leur feu vert. Le parti a remporté les élections régionales du 20 septembre avec un record de 25,7 % des voix, et sa tête de liste Elif Eralp pourrait devenir maire-gouvernante de Berlin si les discussions aboutissent.

Négociations de coalition à Berlin, septembre-octobre 2026
2026-09-20Élections régionales à Berlin, remportées par Die Linke avec 25,7 % des voix
Week-end précédant le 20 octobre 2026Les partis s'accordent sur des négociations de coalition formelles
2026-10-19La direction berlinoise du SPD et les Verts soutiennent les négociations avec Die Linke
2026-10-20Merz met en garde contre l'expropriation des bailleurs lors de la conférence Invest in Germany
Environ deux semaines après le 20 octobre 2026Congrès extraordinaire de Die Linke pour voter sur les négociations

Le projet d'expropriation

Le document des trois partis pour les négociations propose de nationaliser la majeure partie des actifs détenus par les bailleurs possédant plus de 10 000 logements, une mesure qui toucherait probablement plus de 150 000 habitations. Ils envisagent de payer au maximum 16 milliards d'euros, soit un peu plus de 100 000 euros par logement en moyenne, un niveau que le Financial Times juge, selon ses propres calculs, très inférieur à la valeur de marché. Le document indique que les partis invoqueraient un article constitutionnel jamais utilisé jusqu'ici, permettant d'exproprier des terrains et d'autres biens pour l'intérêt public moyennant indemnisation. L'idée découle de la vente par Berlin de plus de 200 000 logements publics à des investisseurs privés après la réunification, suivie de milliards d'euros dépensés pour en racheter des dizaines de milliers. Les loyers et la pénurie chronique de logements ont été les thèmes centraux de la campagne de Die Linke.

Les résultats du scrutin de septembre qui ont façonné les discussions sont présentés ci-dessous.

Résultats des élections régionales à Berlin, 20 septembre 2026
%
Die Linke25.7
CDU18.8
AfD16.3
Verts14.3
SPD12.1

Merz, la CDU et la CSU montent au créneau

Le chancelier Friedrich Merz a mis en garde contre ces projets le mardi 20 octobre, lors de la conférence Invest in Germany à Berlin, à laquelle ont assisté des centaines d'entreprises. Il a déclaré devant l'assemblée que ce principe ne devait pas être mis à l'épreuve.

Protéger la propriété et la confiance dans un marché qui fonctionne, c'est la base de notre économie de marché, et on n'expérimente pas avec cela.

— Friedrich Merz

Au cours du week-end, Merz avait déclaré devant la Junge Union réunie à Bonn que les discussions avec ce parti de gauche devaient cesser immédiatement. Le ministre-président bavarois Markus Söder, chef de la CSU, a réclamé un cordon sanitaire contre la gauche lors du Deutschlandtag de la Junge Union. La ministre de l'Économie Katherina Reiche, élue CDU, a répété ses critiques contre le dispositif.

Les investissements privés doivent être protégés. Les expropriations sont hors de question pour nous.

— Katherina Reiche

La Repubblica rapporte que Merz a promis une loi interdisant les expropriations, tandis que la ministre SPD des Infrastructures Verena Hubertz a confirmé vouloir présenter un texte anti-expropriation.

Polémique sur l'antisémitisme et divisions au SPD

Au sein du SPD, un groupe de députés du Bundestag rejette une coalition avec la gauche à Berlin. Ils invoquent les conflits récurrents liés à l'antisémitisme dans la fédération berlinoise de Die Linke, les contacts entre élus de gauche et milieux claniques, et la manière dont le parti a traité ces incidents. Un autre groupe de membres du SPD soutient les discussions, estimant que les critères doivent être des positions vérifiables, des actes concrets et des règles contraignantes. Le secrétaire général du SPD, Tim Klüssendorf, a déclaré que le parti ferait pour l'instant confiance à la direction de Die Linke et n'avait pas besoin de leçons venues de l'extérieur. Selon La Repubblica, la députée de Die Linke Vanessa Emde, qui avait nié le droit d'Israël à exister pendant la campagne, a déclaré ne rien retirer, et son parti, qui menace de l'exclure, l'a critiquée.

Une publication de l'aile économique de la CDU à Potsdam

Le Mittelstands- und Wirtschaftsunion (MIT) de Potsdam, présidé par Jan Jacobi, a publié sur Instagram une image générée par IA montrant l'hôtel de ville rouge de Berlin surmonté de minarets aux couleurs du drapeau palestinien, avec une faucille et un marteau. La légende affirmait que la « question juive » était résolue et que l'expropriation allait suivre. Les Verts de Potsdam ont estimé que l'image associait une mise en scène menaçante à un vocabulaire antisémite emprunté à l'usage nazi. La présidente des Verts du district, Rebecca Lea Freudl, a réclamé la suppression de la publication et des excuses publiques.

Une ligne a été franchie ici.

— Rebecca Lea Freudl

Le MIT a désactivé les commentaires sous la publication. Le coprésident de Die Linke Jörg Schindler a qualifié ces propos de « discours fasciste », accusant la CDU d'exploiter l'antisémitisme à des fins de politique partisane.

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Sources