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Climat · depuis · maj · 8 sources

Rapport de l'ONU : les émissions de 2025 à un niveau record, le monde sur une trajectoire de 2,6 °C d'ici 2100

Le Programme des Nations unies pour l'environnement indique que la limite de 1,5 °C ne peut plus être tenue sans dépassement, et que les États-Unis représentent 70 % de la hausse de 2025 attribuable aux pays ayant augmenté leurs émissions.

Des émissions record et des perspectives plus chaudes

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié le 21 octobre 2026 son rapport annuel sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, qui constate que les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont restées à des niveaux record en 2025. Les émissions sont globalement comparables à celles de l'année précédente, mais les analystes de l'agence se sont abstenus de qualifier 2025 de pic, invoquant de fortes incertitudes géopolitiques et une dépendance croissante aux énergies fossiles malgré la forte progression des renouvelables. Le rapport indique que la limite de 1,5 °C, objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris de 2015, ne peut plus être respectée sans dépassement. La directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, a déclaré que les gouvernements étaient avertis depuis des années que le temps manquait.

Dates clés du processus climatique international
2015L'accord de Paris fixe l'objectif de 1,5 °C et une limite de 2 °C
2025Les émissions mondiales de gaz à effet de serre restent à des niveaux record
2026-10-21Le rapport du PNUE sur l'écart des émissions projette 2,6 °C d'ici 2100 si les engagements sont tenus
2026-11-09Ouverture de la COP31 en Turquie, jusqu'au 20 novembre

Engagements et politiques actuelles

Si les pays réalisent les réductions d'émissions promises, le monde se réchaufferait tout de même de 2,6 °C par rapport aux niveaux préindustriels d'ici 2100, selon le rapport. Avec les seules politiques actuelles, sans compter de nouveaux engagements de réduction, le réchauffement atteindrait 2,8 °C. Ces deux projections sont supérieures à la fourchette de 2,3 °C à 2,5 °C de l'an dernier, une évolution que le rapport attribue en partie au retrait formel des États-Unis de l'accord de Paris et à des estimations révisées des émissions historiques. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré que les plans climatiques nationaux et les politiques actuelles sont dangereusement insuffisants, évoquant un réchauffement de 2,6 °C à 2,8 °C.

Réchauffement projeté d'ici 2100 selon deux scénarios
°C
Engagements pleinement tenus2.6
Politiques actuelles seules2.8

Les États-Unis et la hausse de 2025

Les données préliminaires de 2025 montrent une hausse des émissions aux États-Unis, en Indonésie et en Chine, et une baisse en Inde, en Russie et dans l'Union européenne. Le rapport chiffre la hausse américaine à 133 mégatonnes d'équivalent dioxyde de carbone, plus que tout autre pays, sous l'effet d'une demande d'électricité plus forte et d'un rebond de la production d'électricité au charbon. Les 124 pays ayant augmenté leurs émissions ont ajouté 189 millions de tonnes de dioxyde de carbone, et 70 % de cette hausse provient des États-Unis. Soixante-trois autres pays ont réduit leurs émissions, la plupart européens. Bill Hare, directeur général de Climate Analytics et extérieur au rapport, a jugé ses calculs scientifiquement solides, comme l'ont fait plusieurs autres scientifiques indépendants, et il a vivement critiqué l'approche américaine :

C'est regarder le feu, nier qu'il y a un feu, puis y verser de l'essence.

— Bill Hare

La voie de retour vers 1,5 °C

Le rapport modélise un scénario dans lequel le réchauffement culmine à 1,7 °C ou 1,8 °C avant de redescendre à 1,5 °C d'ici 2100. Cela suppose que les émissions mondiales baissent de 18 % d'ici 2030, de 45 % d'ici 2035 et de 69 % d'ici 2040, par rapport aux niveaux de 2025, ainsi qu'une élimination à grande échelle du dioxyde de carbone de l'atmosphère. Adnkronos situe la baisse de 45 % en 2045, tandis que d'autres rapports la situent en 2035. Joeri Rogelj, climatologue à l'Imperial College London et coauteur du rapport, estime que ce scénario de dépassement minimal est techniquement et économiquement réalisable, même si les mesures qu'il propose sont ambitieuses. Rester sous le plafond de 2 °C fixé à Paris d'ici 2100 exigerait une baisse de 37 % d'ici 2040, selon De Standaard.

Baisses d'émissions pour une trajectoire de dépassement, par rapport aux niveaux de 2025
%
203018
203545
204069

Les engagements actuels et la suite

Les engagements actuels ne réduiraient les émissions que de 5 % à 8 % d'ici 2030 et de 11 % à 15 % d'ici 2035, selon des chiffres de l'ONU cités par l'ANSA-AFP. L'écart reste donc large avec la baisse de 18 % dont la trajectoire de 1,5 °C a besoin d'ici 2030. Le rapport appelle à des efforts drastiques et immédiats, l'objectif étant désormais de réduire au maximum la durée et l'ampleur du dépassement du réchauffement. Le rapport a été publié avant la COP31, qui se tiendra en Turquie du 9 au 20 novembre 2026.

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Sources