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Gouvernement · depuis · maj · 8 sources

En Albanie, étudiants et manifestants affrontent la police à Tirana et réclament la démission du Premier ministre Rama

Les manifestants ont lancé des cocktails molotov sur la police à Tirana lors du cinquième jour de mobilisation, et les forces de l'ordre ont riposté au gaz lacrymogène et au canon à eau. Le Premier ministre Edi Rama n'a pas démissionné, et un grand rassemblement est prévu le 17 octobre à 19 h 00, heure locale.

D'un projet touristique à une révolte étudiante

Le mouvement de contestation albanais a débuté fin mai, lorsque des Albanais sont descendus dans la rue contre un projet touristique de plusieurs millions d'euros dans la zone côtière protégée de Zvërnec, près de Vlorë. Le projet est lié à Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump. Des manifestants, certains brandissant des images de flamants roses, se sont rassemblés à Tirana plusieurs jours de suite au cours de l'été et ont réclamé le départ du Premier ministre Edi Rama. Ce dernier, au pouvoir depuis 2013 et entamant un quatrième mandat, est resté largement silencieux à mesure que le mouvement prenait de l'ampleur. La participation a reculé au fil de l'été, sans aucune concession du gouvernement, mais à la mi-octobre un nouveau mouvement étudiant a émergé, réclamant des mesures sur les frais de scolarité, le coût des manuels et le coût de la vie, rejoint par des lycéens.

Les affrontements gagnent plusieurs villes

Les manifestations ont dégénéré à Tirana et se sont rapidement étendues à Durrës, Shkodër, Lezhë, Vlorë, Gjirokastër et Korçë. Des manifestants encagoulés ont lancé des pierres et des morceaux de marbre sur le ministère de l'Éducation et le ministère des Finances, selon NewsIT, et la porte d'entrée du ministère des Finances a été brisée puis incendiée. Un incendie s'est déclaré à un étage du ministère de l'Éducation, tandis que des incendies et des dégâts ont également touché d'autres bâtiments publics et des commerces privés. Des images de la BBC montrent des manifestants lançant des cocktails molotov sur la police, qui a riposté au gaz lacrymogène, au canon à eau, aux grenades assourdissantes et à la matraque. Des images d'une jeune manifestante à la jambe cassée ont circulé en ligne et ont encore attisé la situation. Une enseignante en droit a été blessée devant le ministère de l'Éducation alors qu'elle soutenait les étudiants.

Les dates clés du mouvement de contestation en Albanie
Fin mai 2026Début des manifestations contre un projet touristique à Zvërnec lié à Jared Kushner
Été 2026Les manifestations quotidiennes à Tirana se poursuivent pendant 135 jours consécutifs
2026-10-15T08:03Rama publie une vidéo depuis le bâtiment du Collège d'Europe endommagé par un incendie, après deux jours sans commentaire
2026-10-16Affrontements violents à Tirana, avec des attaques contre des bâtiments publics, dont le ministère de l'Éducation et le ministère des Finances
2026-10-17T19:00Grand rassemblement prévu à Tirana

Les bilans des blessés et des interpellations divergent selon les sources

Les sources donnent des chiffres différents. NewsIT, qui rendait compte des affrontements du vendredi 16 octobre, faisait état de 324 placements en garde à vue, 152 arrestations et 120 policiers blessés à la date de son article, le 17 octobre. DW, citant la police, avance 71 policiers blessés et rapporte 152 arrestations et 324 personnes faisant l'objet d'une enquête sur les trois jours de manifestations. Les deux médias font état de blessés parmi les manifestants comme parmi les policiers, et ces chiffres doivent être lus comme des instantanés pris à des heures différentes.

La réponse de Rama et les appels à la démission

Rama est resté silencieux pendant les deux premiers jours de la phase violente. Le jeudi 15 octobre, à 08 h 03, heure locale, il a publié une vidéo enregistrée dans le bâtiment du Collège d'Europe, endommagé par un incendie et situé à quelques mètres de son bureau sur le grand boulevard de Tirana. Il a décrit les troubles comme l'œuvre d'une opposition qui se cache derrière des personnes masquées. Il a également déclaré que son devoir était de protéger les citoyens, de garantir la justice et d'exécuter le mandat de la majorité gouvernementale, qui vise selon lui l'adhésion à l'Union européenne d'ici 2030. Eliza Spiropali, députée socialiste et ancienne ministre des Affaires étrangères, a adressé à Rama une lettre personnelle soutenant que la crise ne peut être résolue par des déclarations ou des excuses politiques, et appelant à une audition, à la reconnaissance des erreurs et à des décisions effectives. Les manifestants affirment qu'ils ne négocieront aucune de leurs autres revendications tant que Rama restera en fonction.

Accusations de corruption et rassemblement à venir

La colère des manifestants est alimentée par une liste croissante d'accusations selon lesquelles des ministres et de hauts responsables seraient impliqués dans des affaires de corruption. Un ancien vice-Premier ministre a quitté le pays, et un autre a été contraint de démissionner en raison d'enquêtes judiciaires, selon NEWS 24/7. Les manifestants dénoncent aussi l'impunité qu'ils estiment constater après ces affaires. Des appels ont été lancés aux Albanais de la diaspora pour qu'ils manifestent dans les villes où ils vivent et travaillent. Les organisateurs ont prévu un grand rassemblement à Tirana le 17 octobre à 19 h 00, heure locale, tandis que les forces antiémeutes et les canons à eau restent déployés près du ministère de l'Éducation.

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Sources