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Conflits · depuis · maj · 8 sources

Le Royaume-Uni envoie des Typhoon de la RAF en Arabie saoudite pour contrer les missiles et drones houthis

Le ministre de la Défense, Wes Streeting, indique que les appareils intercepteront missiles et drones au-dessus des villes saoudiennes, sans frapper de cibles houthies au sol. Ce déploiement fait suite à une frappe meurtrière contre l'aéroport international de Riyad le 10 octobre.

Les Typhoon rejoignent la défense de l'Arabie saoudite

Le Royaume-Uni a annoncé mardi 20 octobre que des avions Typhoon de la Royal Air Force effectueraient des missions défensives au-dessus de l'Arabie saoudite. Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a décrit le rôle des appareils dans un communiqué : ils doivent protéger le royaume des missiles et des drones tirés par les houthis, soutenus par l'Iran, depuis le Yémen.

Les avions Typhoon de la Royal Air Force mèneront des opérations aériennes défensives au-dessus de l'Arabie saoudite, contribuant à protéger les villes saoudiennes, les populations civiles et les infrastructures nationales critiques.

— Wes Streeting

Concrètement, les appareils intercepteraient les projectiles en vol, tandis que Wes Streeting a souligné qu'ils ne frapperaient pas de cibles houthies au sol. Le Royaume-Uni envoie également un avion de transport A400M pour acheminer du matériel de défense à l'intérieur du royaume, ainsi qu'un nombre non précisé de conseillers militaires chargés d'appuyer de hauts officiers d'état-major saoudiens. Wes Streeting a aussi confirmé une prolongation de 90 jours de la mission des ravitailleurs Voyager au profit des appareils saoudiens, que Londres s'était engagé à proposer en septembre.

Frappes sur Riyad et dans le reste du royaume

Depuis le début du mois d'octobre, l'Arabie saoudite subit des attaques de missiles et de drones houthies quasi quotidiennes, et l'aéroport international de Riyad a été touché au moins vingt fois durant cette période. La plus grave de ces frappes a visé l'aéroport le 10 octobre, tuant 13 personnes et en blessant plus de 300, selon la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Les autorités saoudiennes font état d'un bilan total de 19 morts dans les attaques contre les aéroports du pays. Les houthis ont par ailleurs imposé un blocus naval à l'Arabie saoudite, frappant des pétroliers saoudiens et prenant le contrôle de portions de la côte yéménite de la mer Rouge, ce qui a fait monter les prix de l'énergie.

Montée en puissance des attaques houthies contre l'Arabie saoudite
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Cinq drones interceptés mercredi

Mercredi 21 octobre, le porte-parole de la coalition, Turki al-Maliki, a indiqué sur X que quatre drones avaient été interceptés et détruits, dans la province orientale et la région de Médine. Il a ensuite annoncé qu'un cinquième drone avait été abattu dans la province orientale, sans préciser qui les avait lancés. Médine, la ville qui donne son nom à la région, figure parmi les lieux les plus saints de l'islam avec La Mecque, et les houthis, soutenus par l'Iran, s'étaient engagés auparavant à épargner ces deux villes.

Effondrement de la trêve et guerre plus large

En septembre, une trêve fragile s'est largement effondrée. Les houthis ont alors lancé une nouvelle offensive et pris le contrôle de zones importantes de la côte ouest du Yémen, dont le détroit de Bab al-Mandab, l'une des voies maritimes les plus importantes de la région. Les forces gouvernementales yéménites, appuyées par des frappes aériennes saoudiennes, ont tenté de reconquérir les territoires perdus, mais les houthis ont tenu leurs positions malgré des bombardements intensifs. La guerre remonte à 2014, lorsque les houthis se sont emparés de Sanaa et d'une grande partie du nord du Yémen, contraignant le gouvernement à l'exil ; une coalition dirigée par l'Arabie saoudite a rejoint les combats en 2015. Le conflit a tué plus de 150 000 personnes. Riyad a également sollicité un soutien en matière de défense aérienne auprès d'alliés, dont la France, le Royaume-Uni, le Pakistan et l'Égypte, une demande révélée en septembre.

La justification de Londres et les réactions

Wes Streeting a qualifié les attaques houthies de méprisables et estimé que la frappe contre l'aéroport montrait à quel point les rebelles étaient prêts à faire monter la tension dans la région. Dans une déclaration écrite au Parlement, il a affirmé que le gouvernement ne voyait aucune solution militaire à long terme au conflit yéménite et soutenait un processus politique conduit par l'ONU.

Nous continuons de soutenir un processus politique mené par l'ONU, la meilleure voie vers une paix durable.

— Wes Streeting

Le gouvernement britannique a fait valoir que l'escalade dans le Golfe pourrait nuire au Royaume-Uni lui-même, en renchérissant le coût de la vie, en perturbant les approvisionnements énergétiques et en alourdissant les coûts pour les entreprises britanniques, tout en semant le chaos parmi les civils yéménites. Un commentaire publié par The Independent le 21 octobre a relié l'escalade houthie à une guerre plus large avec l'Iran commencée en février, et soutenu que le Royaume-Uni était entraîné dans un conflit façonné par l'Amérique. Il a également relevé que la déclaration ne mentionnait ni la France ni les États-Unis, les autres alliés occidentaux dans la région. Washington, qui avait bombardé les houthis les années précédentes, n'a pas mené de telles frappes cette fois-ci.

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Sources