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Diplomatie · · 8 sources

L'Islande convoque l'ambassadeur américain après que Donald Trump a partagé une carte annexant l'île et ses voisins

L'Islande a convoqué l'ambassadeur des États-Unis après que Donald Trump a publié une carte représentant l'Islande, le Groenland, le Canada et le Mexique sous le drapeau américain, suscitant des réactions internationales de Reykjavik à Mexico.

Réprimande diplomatique à Reykjavik

Le président des États-Unis, Donald Trump, a publié une image sur Truth Social le 7 septembre 2026 montrant l'Islande, le Groenland, le Canada, le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes recouverts du drapeau américain et étiquetés « États-Unis d'Amérique ». Le message est apparu sans texte explicatif, dans le cadre d'une série de 37 messages partagés sur une période de 10 heures. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long lundi pour déclarer que cette publication était totalement inappropriée. Long avait officiellement pris ses fonctions à Reykjavik en août 2026 après s'être excusé pour des remarques antérieures dans lesquelles il avait plaisanté en disant que l'Islande pourrait devenir le 52e État américain. La Première ministre islandaise, Kristrun Frostadottir, a évoqué l'incident publiquement mardi.

C'est une insulte envers les Islandais, les Canadiens et les Groenlandais. Il n'y a rien de drôle ou de normal à se moquer de la souveraineté des États.

— Kristrun Frostadottir

Réactions au Mexique et dans les Caraïbes

Les dirigeants d'Amérique latine et des Caraïbes ont rejeté les frontières modifiées représentées dans le message. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a rejeté toute suggestion de contrôle étranger lors de sa conférence de presse matinale du 8 septembre 2026, ajoutant que le Mexique n'accepterait aucune ingérence étrangère.

Face à toute puissance étrangère qui suppose pouvoir gouverner au Mexique, le peuple mexicain se lèvera toujours pour défendre sa souveraineté et son indépendance.

— Claudia Sheinbaum

Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a déclaré que Cuba ne redeviendrait jamais une colonie d'un quelconque empire, soulignant que le sang versé pour son indépendance et son autodétermination ne serait pas vain. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a noté avec ironie que Washington risquait de laisser ses citoyens désorientés géographiquement, en faisant référence aux récentes décisions de Trump de renommer le golfe du Mexique et le lac Ontario.

Groenland et sécurité nordique

Le message sur les réseaux sociaux est apparu quelques heures après que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est rendue au Groenland pour annoncer un paquet d'investissements de 200 millions d'euros (232,50 millions de dollars). Le financement cible des projets d'énergie renouvelable, l'extraction de matières premières et la connectivité numérique dans tout le territoire danois. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a répondu aux déclarations récurrentes de Trump sur l'acquisition du Groenland en s'adressant aux journalistes à Nuuk.

Le gouvernement groenlandais et le peuple groenlandais ont dit à maintes reprises qu'ils ne veulent pas être américains. J'espère que personne n'en doute, ni aux États-Unis ni dans le reste du monde.

— Mette Frederiksen

Le ministre danois des Affaires étrangères a qualifié le message de dérangeant et totalement inapproprié, ajoutant que les partenaires européens doivent travailler à restreindre les visions maximalistes de politique étrangère.

Défense islandaise et liens européens

Les tensions diplomatiques font suite à un référendum du 29 août 2026 au cours duquel l'Islande a voté contre la réouverture des négociations formelles d'adhésion à l'Union européenne. Eirikur Bergmann, professeur de politique à l'université Bifrost, a noté que la population de 400 000 habitants s'est historiquement tournée vers Washington comme protecteur principal. L'Islande n'a pas d'armée permanente depuis son indépendance en 1944, comptant sur l'OTAN et un traité de défense bilatéral de 1951 avec les États-Unis. Le débat public lors du référendum d'août s'est concentré sur la stabilité nationale et sur la nécessité d'un rapprochement avec Bruxelles face à l'évolution du discours américain. Trump avait déjà suscité l'inquiétude des responsables islandais après avoir confondu l'Islande avec le Groenland lors d'un discours en janvier 2026.

Chronologie des récentes tensions diplomatiques américano-nordiques
2026-01Le candidat à l'ambassade américaine Billy Long plaisante en disant que l'Islande pourrait devenir le 52e État américain
2026-08-29L'Islande vote contre la réouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne lors d'un référendum national
2026-09-07Donald Trump publie une image sur Truth Social montrant l'Islande et ses voisins sous le drapeau américain
2026-09-08Les responsables en Islande, au Mexique, à Cuba et au Danemark condamnent publiquement le message sur les réseaux sociaux
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Sources