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Énergie & Commerce · depuis · maj · 8 sources

Le Brent proche des 117 dollars le baril, frappes houthies et menaces iraniennes font monter les cours

Le baril de Brent a approché les 117 dollars vendredi 23 octobre, son plus haut niveau depuis avril, les frappes houthies contre l'Arabie saoudite et les menaces iraniennes visant les infrastructures énergétiques et numériques du Golfe alimentant les craintes sur l'approvisionnement.

Le Brent approche les 117 dollars

Le baril de Brent s'échangeait à 116,9 dollars vendredi 23 octobre, après avoir gagné plus de 3,3 % au cours de la séance, selon les derniers chiffres disponibles. Le West Texas Intermediate s'établissait à 103 dollars, en hausse de 3,5 % en séance. Vendredi matin, le Brent était encore à 114,72 dollars, son plus haut niveau depuis mai. La dernière fois que le Brent avait atteint son niveau actuel remontait au 30 avril, environ deux mois après le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.

Le mouvement traduit l'inquiétude sur l'approvisionnement plus que l'état actuel du marché. Les analystes d'ING Think, Warren Patterson et Ewa Manthey, indiquent que les marchés s'inquiètent de plus en plus d'une nouvelle escalade dans le golfe Persique susceptible de perturber les flux pétroliers, qui ont jusqu'ici bien résisté. Des informations font état de ce que Donald Trump envisage de nouvelles frappes contre l'Iran tout en renforçant les forces américaines dans la région avec un porte-avions supplémentaire.

Richard Hunter, analyste chez le courtier Interactive Investor, relie directement la hausse des prix aux informations sur les projets américains.

Le grand nombre d'informations selon lesquelles les États-Unis envisagent de nouvelles frappes militaires contre l'Iran après les élections de mi-mandat plutôt que de suivre la voie diplomatique a suffi à faire bondir le prix

— Richard Hunter

Les frappes houthies contre l'Arabie saoudite

Les rebelles houthis du Yémen ont intensifié ces dernières semaines leurs attaques contre les infrastructures saoudiennes, qu'ils présentent comme une réponse au soutien de la coalition à une vaste offensive gouvernementale annoncée début octobre. Leur porte-parole militaire, Yahya Sari, a fait état de quatre opérations « de haut niveau » en 48 heures, menées avec des missiles balistiques et des drones. Les cibles incluaient le siège du ministère de la Défense à Riyad, les aéroports internationaux de Dammam et d'Abha, ainsi que la raffinerie de Yanbu, sur la mer Rouge. Yahya Sari a affirmé que la frappe sur Yanbu avait touché directement sa cible et provoqué un incendie. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite dit avoir intercepté deux drones dans le sud du pays et un missile visant la capitale.

Saudi Aramco a ordonné jeudi l'évacuation de son siège de Dhahran et demandé à ses employés de travailler à distance en raison de la dégradation de la sécurité. La décision de l'entreprise intervient alors que les tensions montaient dans tout le royaume. Le département d'État américain a également ordonné à certains diplomates et aux familles d'employés du gouvernement américain de quitter l'Arabie saoudite.

Les menaces iraniennes contre les infrastructures du Golfe

Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, a déclaré à Drop Site News que l'Iran frapperait des installations pétrolières dans jusqu'à sept pays du Golfe, ainsi que des câbles de télécommunications sous-marins, des centres de données et des installations d'intelligence artificielle, si les États-Unis et Israël lançaient une nouvelle campagne de bombardements massifs. Le commandant de l'armée Amir Hatami a déclaré que l'Iran était pleinement préparé à une guerre asymétrique. Mehdi Mohammadi, conseiller du négociateur iranien et du président du Parlement, a qualifié le prochain conflit de menace existentielle et résumé la ligne iranienne à « zéro ligne rouge ». Les Gardiens de la révolution ont par ailleurs affirmé avoir frappé quatre navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz au cours de la semaine du 19 octobre, des sources situant l'attaque au mercredi 21 ou au jeudi 22 octobre.

Blocus, mi-mandat et calendrier électoral

Le Commandement central des États-Unis a indiqué que le blocus naval des ports iraniens, imposé il y a plus de trois mois lors d'un cessez-le-feu en avril, avait empêché l'Iran d'exporter du brut pour au moins 25 milliards de dollars, soit environ 22,12 milliards d'euros. Le CENTCOM a ajouté que le blocus limitait la capacité des Gardiens de la révolution à financer des milices, des réseaux criminels et des activités terroristes. L'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, Mike Waltz, a déclaré au Financial Times que Washington pourrait encore se trouver dans une impasse de blocus avec l'Iran dans un an en l'absence d'accord nucléaire, et que la marine peut le maintenir indéfiniment. Donald Trump a pour l'instant exclu des négociations avec Téhéran et promis de ne pas attaquer l'Iran au moins jusqu'après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Israël tient ses élections législatives le 27 octobre, et El País a rapporté que Donald Trump et Benjamin Netanyahu avaient discuté d'une nouvelle campagne de bombardements début octobre.

Dates clés du conflit iranien et du marché pétrolier
28 févr. Début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran
30 avr. Dernière fois que le Brent avait atteint le niveau de vendredi 23 octobre
27 oct. Élections législatives israéliennes
3 nov. Élections de mi-mandat aux États-Unis, date que Donald Trump a désignée comme décisive pour les décisions sur le conflit

Navigation, marées noires et risques d'approvisionnement

L'Iran a déclaré le détroit d'Ormuz fermé et affirme que la traversée n'y est sûre que par les routes autorisées par ses forces armées. Les États-Unis affirment ne pas bloquer le détroit parce qu'ils le contrôlent militairement, une présence limitée à la partie extérieure du passage. Le trafic dans le détroit reste modéré. L'Iran affirme que sept pétroliers ont pris feu ou subi des dommages dans le détroit et à ses abords. Aux Émirats arabes unis, les autorités ont temporairement fermé les plages et les zones côtières d'Umm Al Quwain après une marée noire provoquée par un pétrolier dont l'origine n'a pas été établie. En Libye, la compagnie pétrolière nationale a averti que la fermeture d'une vanne sur un pipeline pourrait la contraindre à arrêter la production des champs qu'il alimente si le flux de brut n'était pas rétabli.

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Sources