pollar.news
édition texte seul
← Retour à la une
Élections · depuis · maj · 8 sources

Le Parti socialiste choisit une primaire fermée, enterrant le projet d'union de la gauche de Faure pour la présidentielle de 2027

Les membres du Parti socialiste ont voté à 55,5% pour une primaire fermée en octobre, rejetant la proposition de primaire ouverte du premier secrétaire Olivier Faure et faisant capoter un embryon de processus d'union de la gauche avec les Écologistes.

Les membres du Parti socialiste français ont voté jeudi soir pour une primaire fermée en vue de l'élection présidentielle de 2027, rejetant la proposition du premier secrétaire Olivier Faure d'un scrutin plus large et plus ouvert. Le vote, que Faure a perdu par 55,5% contre 44,5%, redessine le paysage électoral de la gauche et tue dans l'œuf un plan embryonnaire de primaire d'union plus large avec les Écologistes et d'anciennes figures de La France insoumise.

La primaire fermée l'emporte

Les deux options soumises aux militants étaient la primaire ouverte de Faure (tout sympathisant payant 2 euros pouvait voter) et l'alternative, soutenue par les opposants internes Boris Vallaud, Nicolas Mayer-Rossignol et Hélène Geoffroy, qui limite l'électorat aux membres du PS et aux organisations alliées. Cette dernière a remporté 55,5% des voix. Le parti a déclaré dans un communiqué que le candidat choisi « proposera un rassemblement de toutes les forces de gauche démocratiques, écologistes et républicaines pour construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement ». Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, est la formation alliée la plus importante éligible à participer.

J'ai des regrets, bien sûr. Je voulais une primaire large qui engage une partie du peuple français, crée une forme de soulèvement, comme en 2012.

— Olivier Faure

Faure a déclaré vendredi sur Franceinfo qu'il ne démissionnerait pas. « La question hier n'était pas de savoir si je démissionne ou non. Le devoir d'un premier secrétaire est évidemment de mettre en œuvre les décisions qui ont été prises », a-t-il dit. Il a ajouté qu'il décidera « le moment venu » s'il se présente à la primaire d'octobre, se donnant un délai jusqu'en septembre.

Primaire d'union enterrée

L'option de la primaire ouverte était conçue comme la première étape d'un processus en deux tours où le vainqueur du PS affronterait ensuite les candidats des Écologistes et des anciens députés LFI Clémentine Autain et François Ruffin dans un vote d'union de la gauche plus large. Cette seconde étape est désormais caduque. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a reconnu vendredi que « les militants du PS ont décidé d'enterrer la primaire ». Elle a proposé deux réunions successives du conseil fédéral de son parti, à partir du 13 juillet, pour discuter de la stratégie, y compris une éventuelle candidature écologiste indépendante à la présidentielle.

Les militants du PS ont décidé d'enterrer la primaire.

— Marine Tondelier

Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados et allié de Faure, a exprimé sa frustration. « Cette pluralité d'ego qui croient tous être la seule solution pour gagner, c'est regrettable », a-t-il dit sur Franceinfo. Il a toutefois insisté sur le fait que le candidat désigné « a ensuite la responsabilité de construire un rassemblement plus large ».

Premiers candidats et la menace du RN

Les candidats déclarés à la primaire du PS jusqu'à présent incluent Philippe Brun (député de l'Eure) et Jérôme Guedj (député de l'Essonne). Guedj a confirmé sa candidature vendredi sur Europe1/CNews, déclarant vouloir être « le candidat des réponses de politique publique efficaces plutôt que d'un discours d'impuissance ou de la promesse d'une grande soirée ». Karim Bouamrane, le maire de Saint-Ouen, a annoncé sa propre candidature mais en dehors du cadre de la primaire. Raphaël Glucksmann est actuellement le favori des sondages dans l'espace social-démocrate.

Olivier Faure a invoqué l'urgence de la menace du Rassemblement national, avec des sondages montrant le RN à 35% des intentions de vote. « Il ne faut pas perdre beaucoup plus de temps », a-t-il dit, tout en mettant en garde contre la confiance dans les sondages : « Méfiez-vous des sondages. Les politiques et les médias commettent la même erreur à chaque élection présidentielle : désigner le vainqueur un an à l'avance. La réalité est que cela n'a jamais été le cas, sauf en 1974. »

C'était un choix très clair. Le premier secrétaire doit l'entendre et changer sa méthode. Nous devons maintenant nous diriger vers l'élection présidentielle.

— Boris Vallaud

La déclaration de Boris Vallaud, envoyée à l'AFP, a capté le point de vue de l'opposition interne selon laquelle Faure a été affaibli. Cette défaite fait suite à un autre revers plus tôt dans la semaine, lorsque Faure a été mis en minorité par son propre camp sur la motion de censure des Écologistes à l'Assemblée nationale. Le Parti socialiste se dirige maintenant vers une primaire en octobre avec un électorat réduit, une direction divisée, et le reste de la gauche recalibrant sa réponse.

Lire la version complète sur pollar.news →

Sources