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Énergie & Commerce · · 8 sources

Les prix des carburants en France atteignent des records au-dessus de 2,12 euros alors que le gouvernement rejette des baisses de taxes généralisées

Les prix moyens de l'essence en France ont atteint 2,124 euros le litre mercredi, ce qui a incité le ministère de l'Économie à exclure des réductions fiscales généralisées en faveur d'un soutien ciblé.

Prix records à la pompe et tensions sur le marché

Le matin du 9 septembre 2026, les prix des carburants en France métropolitaine ont dépassé les précédents pics alors que les tensions persistantes au Moyen-Orient perturbaient les marchés pétroliers internationaux. Le prix de l'essence SP95-E10 a atteint une moyenne de 2,124 euros le litre, dépassant le précédent record de 2,117 euros enregistré en juin 2022. Le gazole a grimpé à une moyenne de 2,292 euros le litre, avec plus de 100 stations-service affichant un prix supérieur à 2,50 euros et un pic de 2,79 euros enregistré à Verrières-en-Anjou. Ces chiffres représentent des hausses de prix de 23,5 % pour l'essence et de 33,3 % pour le gazole par rapport à la fin février. Les marges des raffineurs ont augmenté de 294 % entre le 27 février et le 4 septembre, les hausses du coût du pétrole brut représentant 26 centimes des 38 centimes d'augmentation du SP95-E10 sur cette période.

Prix moyens des carburants en métropole le 9 septembre 2026
€/L
Essence SP95-E102.124
Gazole (diesel)2.292

Le gouvernement exclut des allégements fiscaux généralisés

À la suite d'une réunion avec les distributeurs de carburants au ministère de l'Économie et des Finances mercredi, les responsables ont confirmé que le gouvernement français reste opposé à des baisses de taxes généralisées à la pompe. Le ministère a déclaré que l'état des finances publiques empêche des réductions fiscales généralisées, maintenant plutôt un ensemble de soutien ciblé d'une valeur de 1,4 milliard d'euros pour les ménages et les entreprises exposés. Les responsables ont également rejeté des plafonds de prix généralisés, arguant que des plafonds obligatoires risquent de créer des pénuries de carburant tout en confirmant que les approvisionnements nationaux restent stables. Les recettes fiscales françaises sur les carburants à la fin août étaient supérieures de 9 millions d'euros par rapport à la fin août 2025, car 304 millions d'euros de TVA nette supplémentaire ont compensé une baisse de 295 millions d'euros des droits d'accise perçus après une baisse de 5,5 % de la consommation de carburant.

Il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si cela durait, si c'était trop fort, de réduire un peu la fiscalité sur les carburants.

— Michel-Édouard Leclerc

Plafonds des distributeurs et tensions des stations indépendantes

Les réponses commerciales à la hausse des prix ont divisé les distributeurs de carburants en France. TotalEnergies maintient des plafonds de prix volontaires de 1,99 euro le litre pour l'essence sans plomb et de 2,25 euros pour le gazole sur l'ensemble de son réseau. Le directeur général Patrick Pouyanné a confirmé que cette politique reste liée à la durée du conflit au Moyen-Orient et à l'absence de taxation des superprofits.

Tant que le conflit durera, nous continuerons à offrir cette protection. Vous voyez, nous avons assoupli en juillet et quand le conflit a repris, nous avons immédiatement rétabli les plafonds. S'il y a une taxe quelque part, nous en tirerons les leçons et il n'y aura plus jamais de plafonds chez TotalEnergies.

— Patrick Pouyanné

Les opérateurs indépendants ont déclaré qu'ils ne peuvent pas reproduire ces limites de prix. Les petites stations-service fonctionnent avec des marges bénéficiaires nettes comprises entre 1 et 3 centimes par litre, ce qui les empêche d'absorber les coûts de gros sans vendre à perte.

Habitudes de consommation et seuils changeants

La hausse des coûts des carburants a entraîné des changements significatifs dans les habitudes de dépenses des ménages en France. Un sondage Elabe réalisé pour BFMTV a révélé que les conducteurs considèrent désormais 1,84 euro le litre comme le seuil au-delà duquel le carburant devient inacceptablement cher, soit une baisse de 9 centimes par rapport à avril. Les alignements politiques reflètent différents niveaux de tolérance, allant de 1,77 euro chez les sympathisants du Rassemblement National à 1,97 euro chez les électeurs des Républicains. Environ 88 % des automobilistes français déclarent avoir modifié leurs habitudes de conduite, dont 51 % qui ont annulé certains trajets et 50 % qui comparent activement les prix des stations-service.

Seuil de prix inacceptable du carburant par orientation politique
€/L
Rassemblement National1.77
Nouveau Front Populaire1.81
Ensemble1.92
Les Républicains1.97
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Sources