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Sécurité · depuis · maj · 8 sources

Albanie : heurts entre la police et les manifestants pour le huitième jour, Rama refuse le dialogue

La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau à Tirana mardi 20 octobre, alors que se poursuivaient les manifestations menées par des étudiants contre le gouvernement du Premier ministre Edi Rama. Les autorités ont fait état de 310 blessés au cours des sept premiers jours, pour l'essentiel des policiers.

Heurts à Tirana

La police a tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau pour repousser les manifestants mardi 20 octobre, huitième journée consécutive de manifestations antigouvernementales dans la capitale albanaise. Les manifestants se sont déplacés du bureau du Premier ministre vers le ministère de l'Éducation, où des jets d'objets et de feux d'artifice ont provoqué en retour des gaz lacrymogènes et des jets d'eau. Les manifestants lancent des pierres, des fumigènes, des cocktails incendiaires et des feux d'artifice sur les policiers, qui répondent à coups de matraque, de canons à eau et de gaz lacrymogènes dans le centre-ville.

Des lycéens et des étudiants réclament une baisse des frais de scolarité, davantage d'investissements publics dans l'éducation et la fin de la corruption dans le système éducatif. Leur mouvement a rejoint un appel plus large à la démission du Premier ministre socialiste Edi Rama. Le syndicat des enseignants, dirigé par l'universitaire Sandër Kovaçi, s'est joint à eux et annonce qu'il se rassemblera chaque jour à 10 h 00 devant l'École polytechnique de Tirana.

La réponse de Rama

Edi Rama a fait installer sept chaises capitonnées de rouge sur les marches de son bureau, avec un panneau portant le mot « dialogue », mais les manifestants les ont renversées et brisées en quelques heures. S'exprimant après une réunion avec des enseignants et des représentants d'établissements scolaires, le Premier ministre a durci le ton.

Une vague de pierres, une tentative de renverser le gouvernement et de changer ceux qui sont au pouvoir par l'imposition de la violence, une chose qui ne sera jamais permise, en…

— Edi Rama

Edi Rama a déclaré que les inquiétudes légitimes sur le coût de la vie, le logement et l'avenir étaient détournées par des personnes provoquant délibérément des violences. Selon des informations, il a averti que les parents et les élèves auraient à répondre des violences et des dégâts, et que le gouvernement préparait des mesures pénales et administratives, dont un possible abaissement de l'âge de la responsabilité pénale en dessous de 16 ans.

Bilans et suites judiciaires

Les autorités ont indiqué que 310 personnes avaient été blessées lors des sept premiers jours de manifestations : 191 policiers, 88 manifestants et 31 passants. Les autorités sanitaires ont déclaré au radiodiffuseur public RTSH que trois des blessés avaient nécessité une intervention chirurgicale. Un tribunal de Tirana a imposé des mesures préventives à onze des plus de 100 personnes arrêtées, dont une obligation de pointer auprès de la police judiciaire et une interdiction d'approcher les institutions publiques à moins de 100 mètres.

Blessés lors des sept premiers jours de manifestations
personnes
Policiers191
Manifestants88
Passants31

Un mouvement plus large

Le mouvement Flamingo a organisé des mois de rassemblements contre un vaste projet touristique de luxe sur la côte sud de l'Albanie, lié à une société d'investissement fondée par Jared Kushner. Des manifestations sur le coût du carburant, les écoles, les services publics et le logement ont également lieu en France, en Italie, en Espagne, au Portugal et en Grèce. L'ancien président Ilir Meta, détenu dans le cadre d'accusations de corruption, a apporté son soutien aux étudiants et aux enseignants depuis sa prison dans un message sur les réseaux sociaux.

Jalons des manifestations en Albanie
Jour 7Les autorités font état de 310 blessés après les sept premiers jours de manifestations
Jour 8, mardi 20 octobreHeurts devant le ministère de l'Éducation ; les chaises d'Edi Rama renversées par les manifestants
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Sources