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Diplomatie · depuis · maj · 8 sources

Le Nicaragua rompt ses relations diplomatiques avec l'Italie à propos de l'extradition d'un membre des Brigades rouges condamné pour le meurtre d'Aldo Moro

Cette décision fait suite à la condamnation par le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani de Managua pour avoir hébergé Alessio Casimirri, un ancien militant des Brigades rouges condamné à six peines de réclusion à perpétuité pour l'enlèvement et le meurtre en 1978 de l'ancien président du Conseil Aldo Moro.

Un différend d'extradition vieux de plusieurs décennies

Alessio Casimirri, un ancien membre des Brigades rouges d'extrême gauche, a été condamné en Italie à six peines de réclusion à perpétuité pour son rôle dans l'enlèvement et le meurtre en 1978 de l'ancien président du Conseil Aldo Moro et de son escorte de sécurité. Moro, dirigeant de la Démocratie chrétienne, a été enlevé à Rome en mars 1978 et retrouvé mort dans le coffre d'une voiture deux mois plus tard. Casimirri s'est enfui au Nicaragua, où il a ensuite obtenu la citoyenneté et a vécu sous la protection du gouvernement de Managua. L'Italie a demandé à plusieurs reprises son extradition, mais le Nicaragua a refusé.

Les remarques de Tajani et la réaction de Managua

Mercredi 15 juillet, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani s'est exprimé lors d'un sommet du Parti populaire européen à Madrid. Il a déclaré que l'Italie « ne partage rien de la vision de gouvernements extrémistes comme celui du Nicaragua, un pays qui continue d'accorder sa protection à de dangereux terroristes des Brigades rouges ». Il a nommé Casimirri. Dans la nuit, l'ambassade d'Italie à Managua a reçu une lettre de protestation du gouvernement nicaraguayen. Jeudi, le ministère nicaraguayen des Affaires étrangères a publié une déclaration dans le journal numérique officiel El 19 Digital, annonçant l'intention de rompre toutes les relations diplomatiques avec l'Italie. Le ministère a qualifié les commentaires de Tajani d'« injustifiés, agressifs et irresponsables » et d'insulte envers le peuple et le gouvernement nicaraguayens, formulés avec « l'arrogance européenne ».

Compte tenu des déclarations injustifiées, agressives et irresponsables du ministre des Affaires étrangères de la République italienne, Antonio Tajani, qui a insulté, en violation de toute norme de respect des relations entre les peuples et les gouvernements, avec l'arrogance européenne, le peuple et le gouvernement du Nicaragua, en tant qu'expression tangible de notre souveraineté et de notre dignité nationale, nous informons le gouvernement italien, et en particulier le ministre Antonio Tajani, de notre intention de rompre toutes les relations diplomatiques avec le gouvernement italien.

— Ministère des Affaires étrangères du Nicaragua
Chronologie de la rupture diplomatique
15 juil. Tajani critique le Nicaragua lors du sommet du PPE à Madrid, le qualifie d'extrémiste et affirme qu'il abrite le terroriste des Brigades rouges Casimirri.
16 juil. 02:00Le Nicaragua remet une lettre de protestation à l'ambassade d'Italie à Managua pendant la nuit.
16 juil. 09:00Le ministère nicaraguayen des Affaires étrangères annonce son intention de rompre les relations diplomatiques avec l'Italie.
16 juil. 11:00Le ministère italien des Affaires étrangères publie une déclaration, Tajani reste ferme sur la demande d'extradition.

L'Italie reste ferme

Le ministère italien des Affaires étrangères a répondu en réitérant sa demande d'extradition de Casimirri. Dans une déclaration, Tajani a affirmé que l'Italie continuerait d'exiger que Casimirri réponde de ses crimes devant la justice italienne. Il a noté que le Parlement européen avait déjà adopté une résolution soutenant la demande d'extradition. Tajani a ajouté que la politique étrangère de l'Italie est fondée sur le respect du droit international, le dialogue et les valeurs démocratiques, et que Rome reste ouverte à l'engagement avec tous les pays tout en défendant la justice, la liberté et la légalité.

L'Italie continuera d'exiger que Casimirri réponde devant la justice italienne des crimes dont il a été reconnu coupable, comme cela a déjà été demandé dans une résolution du Parlement européen.

— Antonio Tajani

Le Parlement européen et les eurodéputés italiens s'expriment

Le Parlement européen a récemment approuvé une résolution condamnant le gouvernement nicaraguayen et exigeant l'extradition de Casimirri, avec un large soutien, y compris du groupe socialiste. Carlo Fidanza, chef de la délégation de Fratelli d'Italia et vice-président de l'Assemblée EuroLat, a qualifié le gouvernement Ortega-Murillo de « régime criminel » et a déclaré qu'il devrait répondre de ses propres crimes plutôt que de rompre ses liens avec l'Italie. Il a évoqué la répression de la dissidence, la persécution du clergé, les détentions arbitraires d'opposants et les violations de l'État de droit. Nicola Procaccini, coprésident du groupe CRE et ancien maire de Terracina, une ville dont Moro était citoyen d'honneur, a déclaré que la rupture des relations ne devait pas affaiblir la poursuite de la justice. Il a décrit la demande d'extradition comme un devoir moral, juridique et institutionnel envers la mémoire de toutes les victimes du terrorisme.

Le régime criminel de Daniel Ortega et Rosario Murillo, qui tient depuis des années le peuple nicaraguayen prisonnier d'une dictature impitoyable, devrait répondre de ses propres crimes plutôt que de rompre les relations diplomatiques avec l'Italie, qui exige légitimement l'extradition du terroriste Casimirri.

— Carlo Fidanza

La suite

L'annonce du Nicaragua marque une forte détérioration des relations bilatérales, mais les conséquences pratiques restent floues. L'Italie n'a indiqué aucune mesure de réciprocité, et son ambassade à Managua continue de fonctionner. La demande d'extradition reste un point central de discorde, Rome insistant sur le fait qu'elle ne cédera pas. La rupture diplomatique, si elle est mise en œuvre, serait la première entre les deux pays dans l'histoire récente.

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Sources