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Affaires · depuis · maj · 8 sources

Le sommet des investisseurs de Berlin suscite des promesses de 200 à 230 milliards d'euros, mais des doutes sur leur concrétisation

Le chancelier Friedrich Merz a ouvert le 20 octobre à Berlin le premier sommet Invest in Germany, en présence d'environ 200 investisseurs et dirigeants invités. Les promesses annoncées, entre 200 et 230 milliards d'euros, suscitent des doutes sur la bureaucratie, la logistique et la concrétisation des projets.

Un premier sommet avec environ 200 investisseurs invités

Le gouvernement fédéral a tenu son premier sommet Invest in Germany à Berlin les 19 et 20 octobre 2026, en invitant environ 200 investisseurs et dirigeants internationaux. Une réception lundi après-midi a précédé l'ouverture, mardi 20 octobre, où Merz a déclaré à l'auditoire que les Allemands sont ponctuels, bien organisés et consciencieux, les qualités dont les investisseurs ont besoin.

Sommet Invest in Germany : les dates clés
19 oct. Réception officielle à Berlin, où Merz s'est adressé aux participants lundi après-midi.
20 oct. Ouverture du sommet à Berlin avec le discours de Merz et la remarque de Klingbeil aux investisseurs.

Ulrike Hinrichs, dont l'association représente des fonds de capital-investissement et des investisseurs, a indiqué que les participants étaient à 70 % des entrepreneurs et à 30 % des investisseurs, parmi lesquels plusieurs investisseurs étrangers. Les contrôles d'accréditation et de sécurité dans le bâtiment de l'ESMT, sur l'île aux Musées à Berlin, étaient si fréquentés, selon un commentaire, que certains investisseurs ont manqué le discours du chancelier. À l'intérieur, les participants ont parcouru les quatre étages à la recherche de partenaires de discussion, et certains sont repartis sans liste de projets concrets dans lesquels investir.

Participants au sommet par type, selon Ulrike Hinrichs
%
Entrepreneurs70
Investisseurs30

Les montants annoncés et là où les chiffres divergent

Merz a évalué l'investissement annoncé à environ 230 milliards d'euros. Le ministre de l'Économie a parlé d'un peu plus de 200 milliards d'euros, tandis qu'un autre compte rendu situe les investissements d'entreprises annoncés au-dessus de 220 milliards d'euros, citant Amazon, Nvidia et Microsoft parmi les entreprises. Mme Hinrichs a cité 16 milliards de dollars pour un investissement prévu d'Amazon, tandis qu'un autre compte rendu donne le même chiffre de 16 milliards en euros, la devise restant donc indéterminée. Le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, s'est publiquement engagé à investir sans préciser de montant, selon Mme Hinrichs, et un autre compte rendu indique qu'il a signé avec le chancelier un pacte de coopération sur l'IA pour l'industrie. Merz a également déclaré que les investissements directs étrangers avaient augmenté d'environ 50 % en 2025 par rapport à 2024, pour atteindre 86 milliards d'euros.

L'initiative Made for Germany

La stratégie Made for Germany, présentée lors du sommet, est liée à 147 entreprises et investisseurs participants et à 850 milliards d'euros d'investissements privés sur la période allant de fin 2025 à 2028. Ses promoteurs la présentent comme un pont entre les entreprises et le gouvernement, visant à réduire la bureaucratie, à améliorer l'innovation et à renforcer la compétitivité. Merz a déclaré devant le sommet qu'il s'attend à une accélération de la croissance en 2026 malgré une pression géopolitique croissante et une flambée des prix de l'énergie. Il a aussi affirmé que l'Allemagne resterait sur sa trajectoire de réformes malgré les divergences internes au gouvernement après les faibles résultats des récentes élections régionales.

Les investisseurs doutent de la concrétisation

Mme Hinrichs a déclaré que la bureaucratie ralentit considérablement les autorisations et que l'incertitude politique, notamment les débats sur les nationalisations et l'antisémitisme, irrite les investisseurs. Elle a ajouté que le gouvernement doit encore faire ses preuves avec des projets concrets.

Un sommet réussi ne fait pas encore une politique de localisation réussie.

— Ulrike Hinrichs

Elle a estimé que les nombreux petits projets allemands, dans les énergies renouvelables et le chauffage des bâtiments, doivent être regroupés pour que les grands investisseurs s'engagent, et a noté qu'Ardian participe déjà à l'extension du réseau. Les lecteurs réagissant à une chronique de Focus se montraient largement sceptiques quant à la capacité d'un sommet, à lui seul, à convaincre les investisseurs, citant les coûts de l'énergie, les retards d'autorisation et des infrastructures défaillantes.

Et maintenant ?

Lars Klingbeil, ministre des Finances SPD, a provoqué les rires de l'auditoire avec une remarque adressée aux investisseurs présents dans la salle.

Je veux votre argent.

— Lars Klingbeil

Une chronique de Thomas Tuma dans Focus a salué la démarche active de l'Allemagne pour séduire les investisseurs, tandis qu'une seconde chronique a décrit le format comme une copie des rendez-vous de Versailles d'Emmanuel Macron. La question ouverte est de savoir si les milliards promis se traduiront par des projets nommés, dont certains, selon Mme Hinrichs, ont été discutés à huis clos.

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Sources