La Chambre italienne adopte le projet de loi électorale, le Stabilicum envoyé au Sénat avec 217 voix
Le projet de loi introduit un système proportionnel avec une prime majoritaire pour les coalitions atteignant 42 % des voix, remplaçant l'actuel système mixte. Les partis d'opposition ont protesté, qualifiant cette manœuvre d'accaparement du pouvoir avant les élections générales de l'année prochaine.
La Chambre des députés italienne a approuvé jeudi le projet de loi de réforme électorale du gouvernement, connu sous le nom de Stabilicum, avec 217 voix pour, 152 contre et 2 abstentions. Le texte est désormais transmis au Sénat, où un vote final est attendu en septembre. La réforme, portée par la coalition de droite de la Première ministre Giorgia Meloni, remplace l'actuel système électoral mixte par un modèle de représentation proportionnelle incluant une prime majoritaire pour toute coalition remportant au moins 42 % des suffrages au niveau national.
Le vote
Le scrutin secret s'est déroulé dans une atmosphère tendue. Les députés de l'opposition ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Meloni a échoué », « Loi électorale = loi escroquerie » et « La majorité n'existe plus : rentrez chez vous ». Le président de la Chambre, Lorenzo Fontana, a appelé à plusieurs reprises au calme alors que des protestations éclataient pendant les déclarations de vote. Après l'annonce du résultat, les députés du centre-droit se sont levés et ont applaudi, avec des poignées de main entre les membres de la coalition.
Vous avez marqué un but et vous avez bien fait de célébrer comme si vous aviez gagné la Coupe du monde pour empêcher les Italiens d'exprimer leurs préférences : c'est votre victoire et je vous la laisse entièrement.
Ce que la loi change
Le Stabilicum introduit un système proportionnel avec une prime de gouvernabilité : 70 sièges supplémentaires à la Chambre des députés et 35 au Sénat, jusqu'à un plafond de 220 et 113 sièges respectivement (hors les 12 élus à l'étranger). La prime est attribuée à la liste ou à la coalition qui arrive en tête dans les deux chambres et franchit le seuil des 42 %. Si personne n'atteint ce seuil, ou si les deux chambres produisent des résultats différents, un système purement proportionnel s'applique. La loi impose des listes bloquées sans vote préférentiel, oblige les partis à désigner leur candidat au poste de Premier ministre au moment de l'enregistrement, et comprend des dispositions pour le vote hors du domicile et une clause anti-éclatement.
| sièges | |
|---|---|
| Chambre des députés | 70 |
| Sénat | 35 |
La bataille des préférences
Le texte final n'inclut pas d'option de vote préférentiel, après une défaite cinglante pour le gouvernement mardi. Un amendement soutenu par Meloni pour permettre aux électeurs d'exprimer des préférences pour les candidats a été rejeté lors d'un scrutin secret lorsque des dizaines de députés de la coalition ont rompu les rangs. L'opposition a saisi l'épisode comme la preuve que le gouvernement avait perdu sa majorité, mais le camp de Meloni l'a présenté comme une trahison de tireurs embusqués internes et de la gauche, qui, selon elle, voulait garder le contrôle total sur la sélection des candidats via des listes bloquées.
Meloni, c'est vous qui avez trahi la confiance des Italiens. Vous voulez changer la loi électorale parce que vous avez peur de perdre.
La colère de l'opposition
Les dirigeants de l'opposition ont condamné la réforme comme un accaparement du pouvoir visant à protéger la coalition au pouvoir d'une défaite probable aux élections générales de 2027. Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate, a accusé Meloni d'être obsédée par le pouvoir et d'ignorer des questions urgentes telles que les accidents du travail et la pauvreté. La règle anti-éclatement, qui exclut les listes sous les 3 % du total national d'une coalition à moins qu'elles ne soient le « meilleur perdant », a été critiquée pour pénaliser les petits partis progressistes tout en favorisant les formations centristes comme Italia Viva. Des préoccupations constitutionnelles ont également été soulevées, bien que les partisans notent que des primes majoritaires similaires ont survécu à des examens judiciaires antérieurs.
La suite
Le projet de loi se dirige maintenant vers le Sénat, où le vote sera public, ce qui rend son adoption presque certaine. Le président du Sénat, Ignazio La Russa, a évoqué la possibilité de réintroduire le vote préférentiel au dernier moment, une manœuvre qui forcerait les opposants à choisir entre accepter le changement ou faire échouer l'ensemble de la loi. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini a déclaré espérer que les préférences pourraient être récupérées au Sénat, tandis que la direction de Forza Italia a signalé que la loi devait rester en l'état. La pause estivale sera utilisée pour réfléchir aux fractures internes révélées par le scrutin secret de mardi, en particulier au sein de Forza Italia et de la Ligue.
| 2026-07-14 | Amendement visant à introduire le vote préférentiel rejeté lors d'un scrutin secret après que des députés de la coalition ont rompu les rangs |
|---|---|
| 2026-07-16 | La Chambre des députés approuve le Stabilicum avec 217 voix pour, 152 contre et 2 abstentions |
| Septembre 2026 | Vote au Sénat attendu ; le scrutin public rend l'adoption presque certaine |
Sources
- La legge elettorale passa al Senato - IL LIVE DELLA GIORNATA - Notizie
ANSA.it · 16 juil. - Dal premio alle soglie, cosa prevede la legge elettorale - Notizie
ANSA.it · 16 juil. - Lower House approves controversial bill for new election system - Politics
ANSA.it · 16 juil. - Via libera della Camera alla legge elettorale con 217 sì, passa al Senato - Notizie
ANSA.it · 16 juil. - Il punto/ La partita delle preferenze
Il Messaggero · 16 juil. - L'analisi/ Il valore della stabilità
Il Messaggero · 16 juil. - Legge elettorale, primo sì alla Camera per lo Stabilicum: la destra si ricompatta, le opposizioni protestano
Il Messaggero · 16 juil. - Legge elettorale, passa (voluta da Fi) la norma pro-Renzi: validi solo i voti del primo dei non eletti
Il Messaggero · 16 juil.