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Énergie & Commerce · depuis · maj · 8 sources

Les blocages de camions en Italie laissent les rayons du Sud vides, les dégâts dépassent 400 millions d'euros

Les blocages qui ont paralysé le sud de l'Italie ont été levés le 23 octobre, mais les supermarchés et les stations-service manquent encore de stocks. Federdistribuzione estime qu'il faudra cinq à sept jours avant un rétablissement complet des approvisionnements.

Comment les blocages se sont étendus

Des routiers protestant contre la hausse des prix du carburant ont commencé à bloquer des routes à la mi-octobre, et le mouvement s'est rapidement étendu au sud de l'Italie. Les manifestants ont occupé des voies de Via Nuova Marina à Naples, en direction de la porte Bausan du port. JN a rapporté que les aéroports de Reggio de Calabre et de Crotone manquaient de carburant d'aviation, que Naples faisait face à des restrictions et que certaines universités étaient passées à l'enseignement à distance. Les stations-service étaient à sec et les rayons des supermarchés se vidaient, notamment pour les produits frais. Les derniers blocages en Campanie et en Calabre ont été levés dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 octobre, mais la reprise des approvisionnements est lente. Le préfet de Naples, Michele Di Bari, a déclaré que la phase la plus critique était passée, même si plusieurs jours supplémentaires seraient nécessaires pour revenir à la normale.

Dates clés de la protestation contre les prix du carburant dans le sud de l'Italie
Mi-octobre 2026Les routiers lancent une protestation contre les prix du carburant, qui s'étend au sud
2026-10-22Le Conseil des ministres approuve un paquet d'aide de 550 millions d'euros lors d'une réunion extraordinaire
2026-10-23Les derniers blocages en Campanie et en Calabre sont levés dans la nuit
2026-10-24Le ministère de l'Intérieur autorise une circulation exceptionnelle des poids lourds le week-end dans le sud

Aides publiques et bureaucratie

Lors d'une réunion extraordinaire le jeudi 22 octobre, le Conseil des ministres a approuvé une aide de 550 millions d'euros, selon JN. Le paquet comprend 105 millions d'euros pour le transport routier et 70 millions d'euros pour les agriculteurs et les pêcheurs. Il Messaggero a mis en avant une disposition permettant aux routiers de répercuter une hausse du prix du gazole sur leurs clients via les factures. Le ministère de l'Intérieur a également adressé une directive urgente aux préfectures suspendant l'interdiction dominicale habituelle des poids lourds pour le week-end, les préfets devant délivrer les autorisations et privilégier les marchandises non périssables. Carlo Calenda, chef d'Azione, s'est exprimé à Vibo Valentia le 23 octobre et a jugé l'aide tardive et insuffisante.

L'aide du gouvernement est insuffisante et est arrivée tard.

— Carlo Calenda

Calenda a déclaré que cinq mois s'étaient écoulés entre le décret-loi et les décrets d'application. Il a aussi affirmé qu'un projet visant à augmenter d'un euro le prix des cigarettes et à réduire les accises sur les carburants, pour un montant de trois milliards, avait été bloqué par Forza Italia, alors que Giorgia Meloni l'avait initialement accepté.

Prix et rayons vides

Les données du Mimit pour le samedi 24 octobre établissaient la moyenne nationale en libre-service à 2,020 euro le litre pour l'essence et à 2,261 euro le litre pour le gazole. Sur autoroute, les moyennes étaient de 2,042 euro pour l'essence et de 2,301 euro pour le gazole, le gazole augmentant légèrement tandis que l'essence reculait.

Prix des carburants en libre-service le 24 octobre 2026
€/litre
Essence, réseau national2.02
Gazole, réseau national2.261
Essence, autoroutes2.042
Gazole, autoroutes2.301

Carlo Buttarelli, président de Federdistribuzione, a averti du temps nécessaire à la reprise.

Il faudra au moins cinq à sept jours pour revenir à une normale complète, car les magasins sont vides.

— Carlo Buttarelli

Altroconsumo a recueilli des signalements de rayons vides principalement à Rome, Naples, Palerme et Bari, les produits frais étant les plus touchés. Il Messaggero a rapporté des tomates cerises à plus de 5 euros le kilo au centre agroalimentaire de Rome, contre environ 2 euros pour les tomates de vigne albanaises. Open et Il Messaggero ont tous deux averti que la hausse du gazole pourrait se répercuter sur les prix en magasin, les données de l'Istat montrant déjà une hausse des fruits et légumes, et que l'observatoire des prix Mr Prezzi pourrait intervenir.

Dégâts et pertes

Des estimations informelles des secteurs productifs chiffrent les dégâts à plus de 400 millions d'euros, dont 300 millions en Campanie, et la facture finale devrait dépasser un milliard d'euros. Confcommercio a estimé les pertes liées aux marchandises jetées à plusieurs millions d'euros. Vincenzo Gesmundo, secrétaire général de Coldiretti, a décrit ces pertes en ces termes.

Nous avons jeté des tonnes de lait qui n'ont pas été collectées et de grandes quantités de produits frais, et le secteur de la quatrième gamme a subi des dégâts considérables.

— Vincenzo Gesmundo

Italmercati, un réseau de 22 marchés, a signalé moins d'arrivages de Sicile et de Calabre, et les grossistes ont augmenté leurs achats en Espagne, en Grèce, en Albanie et en Turquie. Il Messaggero a également rapporté qu'E-distribuzione avait averti les préfets de risques pour les réparations de pannes sur le réseau électrique, et que les chauffeurs de taxi préparaient leur propre protestation.

Les agriculteurs manifestent dans le Salento

Le samedi 24 octobre, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Maglie, dans la région du Salento, avec des tracteurs et des camions, lors d'une protestation lancée par Alpaa, l'association des travailleurs agroalimentaires liée à la Cgil Puglia. La circulation sur les routes nationales 275 et 16 a été ralentie, et une délégation de maires locaux et le président de la province Fabio Tarantino y ont participé. Antonio Macchia, d'Alpaa Cgil Puglia, a déclaré que la plateforme demande la reconnaissance du Salento comme zone de crise agricole, citant plus de 20 millions d'oliviers détruits et des zones rurales qui se vident de leurs habitants.

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Sources