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Conflits · depuis · maj · 8 sources

La Cour de La Haye condamne l'ancien président du Kosovo Hashim Thaçi à 25 ans de prison pour crimes de guerre

Les Chambres spécialisées du Kosovo ont condamné l'ancien président Hashim Thaçi et trois coaccusés à un total de 81 ans de prison pour crimes de guerre, les acquittant des crimes contre l'humanité.

Verdict et peines prononcés à La Haye

Le 16 septembre 2026, les Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye ont reconnu quatre anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK) coupables de crimes de guerre. L'ancien président du Kosovo Hashim Thaçi et l'ancien président du Parlement Jakup Krasniqi ont chacun été condamnés à 25 ans de prison. Les coaccusés Kadri Veseli et Rexhep Selimi ont écopé de peines de 18 ans et 13 ans, soit un total cumulé de 81 ans pour les quatre hommes. Les procureurs avaient requis une peine de 45 ans pour Thaçi, âgé de 58 ans, qui avait démissionné de la présidence en 2020 pour faire face à son procès. Le juge président Charles L. Smith III a rendu le jugement de première instance après un procès de trois ans.

Cette affaire ne consiste pas à peser les responsabilités d'un camp par rapport à l'autre.

— Charles L. Smith III
Peines d'emprisonnement imposées par les Chambres spécialisées du Kosovo
années
Hashim Thaçi25
Jakup Krasniqi25
Kadri Veseli18
Rexhep Selimi13

Accusations, conclusions et acquittements

Le collège de juges a condamné les quatre accusés pour crimes de guerre impliquant la détention arbitraire de 385 personnes, les traitements cruels infligés à 49 personnes, la torture de 303 personnes et le meurtre de 96 personnes. Au cours des débats, le collège a examiné les preuves de 273 témoins ayant déposé devant le tribunal ou soumis des déclarations écrites, avec la participation de 156 victimes. La cour a acquitté les quatre accusés des crimes contre l'humanité, notamment la persécution, l'emprisonnement et la disparition forcée. Les juges ont estimé que l'accusation n'avait pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable que les infractions constituaient une attaque généralisée ou systématique contre une population civile. Les avocats de la défense avaient plaidé pour un acquittement total, arguant que leurs clients n'avaient aucune responsabilité personnelle dans les crimes commis dans les centres de détention en temps de guerre.

Victimes par catégorie de condamnation pour crimes de guerre
individus
Détention arbitraire385
Torture303
Meurtre96
Traitements cruels49

Vives réactions et manifestations au Kosovo

Le verdict a immédiatement suscité la colère dans tout le Kosovo, où beaucoup considèrent l'UÇK comme une force de défense ayant protégé la population de l'oppression serbe durant le conflit de 1998–1999. À Pristina, des foules suivant le procès sur des écrans publics ont réagi avec détresse et fureur, et certains manifestants ont lancé des pierres sur le siège de la mission de l'Union européenne pour l'État de droit. Le Premier ministre du Kosovo Albin Kurti a qualifié la décision de parodie de justice et a confirmé que le gouvernement continuerait à allouer des fonds publics pour soutenir les accusés pendant leurs appels. Plusieurs personnalités politiques ont réclamé la dissolution du tribunal spécial, qui fonctionne selon le droit kosovar mais est basé aux Pays-Bas avec des juges internationaux.

Pour la grande majorité de la population, l'UÇK reste la force qui a combattu pour la liberté du pays et a contribué à la protection de personnes privées de droits fondamentaux depuis plus d'un siècle.

— Valon Arifi

Critiques de la direction serbe

La réaction à Belgrade a été très différente des manifestations à Pristina, le président serbe Aleksandar Vučić reprochant à la cour d'avoir acquitté les accusés des crimes contre l'humanité. S'exprimant lors d'une conférence de presse mercredi soir, Vučić a affirmé que le tribunal avait évité de remettre en cause la légitimité de l'UÇK et ignoré le contexte politique de la rébellion armée contre la République fédérale de Yougoslavie. Il a également critiqué la cour pour avoir exclu les abus commis contre les Serbes après le 20 juin 1999, date à laquelle les forces de maintien de la paix de la KFOR dirigées par l'OTAN sont entrées au Kosovo après la cessation officielle du conflit armé. Vučić a déclaré que les institutions occidentales appliquaient deux poids deux mesures en tolérant l'opposition véhémente aux conclusions de la cour au Kosovo.

En tant que tribunal du soi-disant Kosovo, ils n'ont pas voulu saper la crédibilité de l'UÇK et n'ont pas abordé le fond de l'affaire concernant la formation de forces visant à séparer le Kosovo de la Serbie et de la République fédérale de Yougoslavie.

— Aleksandar Vučić
Étapes clés des procédures des Chambres spécialisées du Kosovo
1998–1999L'Armée de libération du Kosovo combat les forces yougoslaves et serbes pendant la guerre du Kosovo
2015Le Parlement du Kosovo crée les Chambres spécialisées sous pression internationale
2020Hashim Thaçi démissionne de la présidence du Kosovo après avoir été inculpé
2026-09-16Les juges de La Haye rendent des condamnations en première instance pour crimes de guerre contre quatre dirigeants de l'UÇK
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Sources