Gloria Steinem, figure féministe et co-fondatrice du magazine Ms., décède à 92 ans à Manhattan
L'organisatrice et journaliste américaine Gloria Steinem, qui a contribué à façonner la deuxième vague du féminisme et co-fondé le magazine Ms., est décédée mercredi chez elle à New York à l'âge de 92 ans.
Vie et décès à New York
La journaliste, autrice et militante Gloria Steinem est décédée le 2 septembre 2026 à l'âge de 92 ans chez elle à Manhattan. Steinem a été l'une des figures centrales de la deuxième vague féministe à partir de la fin des années 1960, plaidant pour les droits reproductifs, l'égalité salariale et les protections juridiques contre les violences domestiques. Après l'annonce de son décès, des personnalités publiques et des collaboratrices de longue date ont rendu hommage à ses décennies de travail politique. L'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton l'a décrite sur les réseaux sociaux comme une architecte de la lutte moderne pour l'égalité des genres.
Pendant des décennies, elle est devenue l'une des architectes de toute la structure de l'égalité des femmes.
Années de formation et premiers pas dans le journalisme
Steinem est diplômée du Smith College avec une licence de sciences politiques en 1956, avant de se rendre en Inde en 1957 grâce à une bourse Chester Bowles. Alors qu'elle attendait son visa pour l'Inde à l'âge de 22 ans, elle a obtenu un avortement illégal à Londres, une expérience qui a renforcé son engagement en faveur de la liberté reproductive. En Inde, elle a résidé à la Miranda House de l'Université de Delhi, a voyagé à travers le pays pendant deux ans et a écrit pour des journaux locaux après la fin des fonds de la bourse. De retour aux États-Unis, Steinem a travaillé comme journaliste indépendante pour des périodiques nationaux, notamment Esquire, Vogue, Cosmopolitan et McCall's. Elle a publié une enquête d'infiltration sur les conditions de travail des hôtesses du Playboy Club dans le magazine Show en 1963, et en 1968, l'éditeur Clay Felker l'a invitée à devenir éditorialiste fondatrice du magazine New York.
| 1956 | Obtient sa licence de sciences politiques au Smith College |
|---|---|
| 1957 | Arrive à Bombay grâce à une bourse Chester Bowles, après avoir avorté à Londres |
| 1963 | Publie une enquête d'infiltration sur le Playboy Club dans le magazine Show |
| 1968 | Rejoint le magazine New York comme éditorialiste fondatrice |
| 1971 | Co-fonde le magazine Ms. avec Letty Cottin Pogrebin et d'autres organisatrices |
| 1972 | Le magazine Ms. publie son premier numéro régulier en kiosque |
| 2026-09-02 | Décède à 92 ans chez elle à Manhattan |
Transformation de l'édition avec le magazine Ms.
Steinem a co-fondé le magazine Ms. en 1971 avec Letty Cottin Pogrebin et d'autres organisatrices féministes, lançant son premier numéro en kiosque autonome en 1972. La publication est devenue le premier périodique national détenu et exploité exclusivement par des femmes, abordant des sujets tels que les discriminations au travail, les violences conjugales et l'accès à l'avortement. L'entreprise a démontré que le journalisme centré sur les femmes pouvait attirer un lectorat de masse plutôt que de se limiter à des conseils ménagers spécialisés. Lors d'un entretien avec la BBC en 1973, Steinem a réfléchi à la philosophie centrale qui a présidé à la création du magazine.
L'élément qui est le fondement de ce magazine et qui le rend différent des autres est qu'il considère simplement que les femmes sont des êtres humains. Cela ne semble pas très révolutionnaire, mais ça l'est, car les autres magazines en débattent encore.
Organisation militante et commentaires tardifs
Tout au long de sa carrière, Steinem a combiné l'édition avec l'organisation directe, animant des sessions de stratégie politique et des cercles de discussion dans son appartement de trois étages de l'Upper East Side. Dans les années 1980, elle a instauré un dîner trimestriel aux solstices et équinoxes avec les autrices féministes Marilyn French, E.M. Broner et Carol Jenkins, qui a duré plus de trois décennies. Des proches comme la cheffe Padma Lakshmi et la partenaire créative Amy Richards ont raconté comment Steinem utilisait ces rassemblements pour amener des groupes divers dans la conversation politique. Ses commentaires publics ont également suscité des critiques acerbes, notamment lors de la primaire présidentielle de 2016, lorsqu'elle a évoqué les jeunes femmes soutenant Bernie Sanders plutôt qu'Hillary Clinton. Dans ses dernières années, des collègues ont rapporté que Steinem restait concentrée sur les campagnes militantes en cours, rejetant la pérennité des mouvements politiques antiféministes.
Sources
- How Gloria Steinem's lifechanging stay in India shaped her approach to feminism
The Guardian · 5 sept. - The legacy Gloria Steinem leaves behind : Here & Now Anytime
NPR · 4 sept. - Gloria Steinem Stayed Positive, Even as the Manosphere Took Hold
The New York Times · 4 sept. - How Gloria Steinem and Ms. Magazine Transformed the Publishing Industry
The New York Times · 4 sept. - Opinion | How Gloria Steinem Changed Our Lives
The New York Times · 4 sept. - When the World's Best-Known Feminist Was Accused of Insulting Women
The New York Times · 4 sept. - Gloria Steinem Found Community and Clout Over the Dinner Table
The New York Times · 4 sept. - The Intertwined Legacies of Gloria Steinem and Dolly Parton
The New York Times · 4 sept.