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Santé & Éducation · depuis · maj · 8 sources

La RDC confirme une huitième province touchée par Ebola, le Kenya signale son huitième cas

Le Nord-Ubangi est devenu la huitième province de la République démocratique du Congo à enregistrer des cas d'Ebola, alors que les chiffres nationaux atteignent 9 455 cas et 4 561 décès. Le Kenya a de son côté confirmé un huitième cas chez un patient qui avait soigné le premier malade du pays.

Bilan de l'épidémie

Les autorités congolaises ont annoncé lundi 19 octobre 2026 que l'Ebola a atteint une huitième province, le Nord-Ubangi, qui borde la République centrafricaine. L'Institut national de santé publique (INSP) a fait état de 9 455 cas et 4 561 décès à ce jour, soit un taux de létalité de 48,2 %. Parmi les personnes infectées, 2 530 ont été guéries et sorties, et 925 sont hospitalisées ou en isolement, tandis que 80 % des contacts sont suivis. Des bilans antérieurs, dimanche 18 octobre, faisaient état d'au moins 9 400 cas et de plus de 4 500 décès.

Chiffres de l'épidémie d'Ebola en RDC au 19 octobre 2026
personnes
Cas confirmés9455
Décès4561
Guéris et sortis2530
Hospitalisés ou en isolement925

Propagation le long de la frontière

Le ministère de la Santé a signalé deux cas dans le Nord-Ubangi, dont un mortel, tous deux chez des hommes d'une vingtaine d'années résidant dans la zone de santé de Wapinda. La province se situe entre le Sud-Ubangi et le Bas-Uele, les deux provinces atteintes auparavant le long de la frontière avec la République centrafricaine, où aucun cas n'a été confirmé. La violence armée y a contraint des milliers de personnes à fuir vers les localités frontalières, et le mauvais état des routes comme les communications limitées compliquent l'accès. La province d'Ituri, dans l'est de la RDC, reste l'épicentre, avec près des trois quarts des cas confirmés selon les dernières données gouvernementales, et 66 zones de santé touchées depuis le début de l'épidémie.

Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé pour l'Afrique, a déclaré à l'AP que les foyers d'Ebola diminuent généralement tandis que la maladie se propage géographiquement. Il a indiqué que l'un des principaux défis consistait à convaincre les malades de se faire soigner, et que certains décès surviennent dans la communauté, hors des centres de santé.

Le huitième cas kényan

Le directeur général de la Santé du Kenya, Patrick Amoth, a indiqué que 38 personnes ont été testées dimanche 18 octobre et que l'une d'elles s'est révélée positive. Le patient, un homme qui soignait des malades au Nairobi Hospital, a développé de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires le samedi 17 octobre, a été placé en quarantaine puis testé positif. Amoth l'a décrit à Citizen TV en ces termes :

C'est un homme de 49 ans qui n'est pas un soignant. Il a développé de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires.

— Patrick Amoth

Le ministère avait signalé quatre nouveaux cas samedi : trois soignants ayant traité le premier patient kényan et une quatrième personne liée à ce patient. Le premier patient, un homme venu de RDC à Nairobi, est mort le 5 octobre dans un hôpital de Nairobi. La souche de l'épidémie est Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement approuvé.

Dates clés de l'épidémie et des cas kényans
15 mai Épidémie déclarée dans le nord-est de la RDC
5 oct. Le premier patient kényan, un homme venu de RDC, meurt dans un hôpital de Nairobi
17 oct. Le huitième cas kényan développe de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires
18 oct. Le Kenya confirme son huitième cas après le dépistage de 38 personnes
19 oct. La RDC confirme le Nord-Ubangi comme huitième province touchée

Le centre de quarantaine américain sous pression

The Guardian rapporte que les États-Unis ont construit un centre de quarantaine sur la base aérienne de Laikipia, au Kenya, où les Américains revenant de RDC seraient tenus de se mettre en quarantaine. L'opposition locale et des manifestations ont alimenté la défiance envers le gouvernement kényan, et un tribunal kényan a ordonné l'arrêt du centre. Allan Maleche, directeur exécutif du Kenya Legal & Ethical Issues Network on HIV and Aids (Kelin), a indiqué que la procédure sera tranchée en novembre. Jennifer Nuzzo, directrice du centre des pandémies de l'école de santé publique de l'université Brown, a mis en doute ce plan :

Les contribuables américains ont construit ces unités précisément pour cela, et je trouve ahurissant que nous allions les laisser vides.

— Jennifer Nuzzo

Mesures de réponse

Les autorités de la province du Nord-Kivu, selon l'agence de presse publique ACP, instaurent à partir de lundi une interdiction d'une semaine d'entrée dans la province depuis l'Ituri. D'autres mesures incluent des limites au nombre de passagers dans les voitures et sur les motos et la suspension des grands rassemblements publics. Médecins sans frontières gère la plupart des centres de traitement à Butembo, où les équipes subissent une pression croissante. Stephanie Hoffmann, de MSF, a averti que l'aide est trop insuffisante dans la région :

Si davantage d'aide n'arrive pas, je ne vois pas de fin à cette épidémie.

— Stephanie Hoffmann

Certains patients attendent dans les services hospitaliers aux côtés d'autres malades qu'un lit se libère, ce qui risque d'aggraver la propagation. Les humanitaires doivent aussi contrer une rumeur, qui circule parmi les habitants, selon laquelle l'Ebola serait injecté aux gens dans les centres de traitement.

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Sources