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Santé & Éducation · depuis · maj · 8 sources

Environ 10 000 personnes défilent à Athènes, tandis que lycéens, étudiants et enseignants grecs manifestent dans tout le pays

Étudiants, enseignants et médecins se sont joints mercredi 21 octobre aux rassemblements organisés à Athènes et dans des dizaines d'autres villes grecques pour réclamer de meilleurs salaires et des écoles plus sûres. La police a déployé environ 3 000 agents dans la capitale, où elle a estimé à quelque 10 000 le nombre de manifestants dans le centre d'Athènes.

Foule et dispositif policier à Athènes

Étudiants, enseignants, universitaires, médecins et autres agents du secteur public ont rempli les rues d'Athènes et de dizaines d'autres villes grecques mercredi 21 octobre 2026, réclamant de meilleurs bâtiments scolaires, des salaires enseignants plus élevés et davantage de financement public pour l'éducation. La police a estimé à environ 10 000 personnes la foule réunie dans le centre d'Athènes et sa banlieue, et indiqué que le rassemblement s'était déroulé sans incident. Le défilé est parti des Propylées, l'entrée de l'université d'Athènes, et s'est achevé sur la place Syntagma, devant le Parlement. Environ 3 000 agents ont été déployés dans la capitale, notamment près des bâtiments gouvernementaux, des ambassades et de la rue Ermou. Environ 500 retraités ont manifesté séparément sur la place Kotzia.

Manifestants et forces de l'ordre à Athènes, 21 octobre 2026
personnes
Manifestants dans le centre d'Athènes (estimation policière)10000
Agents de police déployés à Athènes3000
Retraités manifestant sur la place Kotzia500

Les revendications

Les enseignants demandent des recrutements pour pourvoir les postes vacants, de meilleures infrastructures scolaires et des salaires plus élevés, ainsi qu'un relèvement de la dépense publique d'éducation à 5 % du PIB. Les étudiants réclament un logement gratuit pour ceux qui poursuivent leurs études et davantage d'argent public pour l'éducation. Bandaroles et slogans ont relié les revendications grecques aux mobilisations en France, où des griefs similaires sur l'école et le coût de la vie se sont exprimés. En amont des défilés, la ministre de l'Éducation Sofia Zacharaki a déclaré avoir pris en compte les demandes des étudiants. Elle a aussi reconnu que le coût du logement pèse sur les ménages grecs, et cité des projets d'un montant supérieur à 733 millions d'euros pour de nouvelles résidences étudiantes et la rénovation d'établissements scolaires.

Grèves, interpellations et perturbations des transports

Plusieurs syndicats ont appelé à des arrêts de travail. Le syndicat des enseignants du primaire a annoncé une grève de 24 heures, celui du secondaire un débrayage de trois heures jusqu'à 14 heures, et la confédération Adedy une grève de trois heures. Les médecins hospitaliers ont également cessé le travail pour protester contre les salaires et le manque de personnel, même si certaines écoles sont restées ouvertes. Le service du métro a été perturbé, la station Panepistimio à Athènes étant fermée à partir de 10 heures locales et cinq stations de Thessalonique fermées dès le début de la matinée sur ordre de la police.

Principaux moments des 20 et 21 octobre 2026
20 oct. Des étudiants installent des tentes sur la place Syntagma et y passent la nuit avant le défilé
21 oct. 10:00Fermeture de la station de métro Panepistimio à Athènes
21 oct. 14:00Fin prévue du débrayage de trois heures des enseignants du secondaire

Les chiffres des interpellations varient selon les sources : Europa Press a fait état d'une dizaine de personnes placées en garde à vue à Athènes, tandis que l'ANSA a cité des médias locaux évoquant au moins douze personnes interpellées.

Logement et salaires

Le logement est au cœur des mobilisations. Des étudiants ont planté des tentes sur la place Syntagma mardi 20 octobre et y ont passé la nuit avant le défilé. Des campements sont aussi apparus à Athènes et à Thessalonique, à la suite d'actions similaires à Madrid et Lisbonne. L'étudiant en ingénierie Panagiotis Moschonas, 20 ans, a critiqué le gouvernement conservateur pour son inaction face au coût de la vie, jugeant insuffisante l'aide au loyer :

Il dit qu'il aiderait soi-disant les étudiants, avec une subvention au loyer de 120 euros (135 dollars) par mois.

— Panagiotis Moschonas

L'étudiante Georgia Foukidou, 21 ans, qui a participé au défilé d'Athènes, a décrit la pression subie chez elle :

Survivre ici est très difficile, le loyer est vraiment élevé, les logements sont vraiment petits.

— Georgia Foukidou

Le salaire mensuel moyen de 1 500 euros reste au niveau de 2009, et de nombreux jeunes Grecs sont exclus du logement en ville par la hausse des loyers. Les salaires ont augmenté depuis les années de crise, mais le pouvoir d'achat réel de nombreux Grecs demeure parmi les plus faibles de l'UE. L'inflation et les prix des carburants et de l'énergie, liés à la guerre en Iran et aux restrictions de circulation dans le détroit d'Ormuz, l'ont de nouveau frappé. L'aide gouvernementale destinée à alléger les coûts énergétiques des ménages et des entreprises doit atteindre environ 1 milliard d'euros.

Pression politique et contexte

Les mobilisations accentuent la pression sur le gouvernement de centre droit du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui affrontera les élections à la mi-2027. La Grèce est sortie de sa crise de la dette de 2009 à 2018, une période où l'austérité, liée à trois plans de sauvetage internationaux totalisant environ 290 milliards d'euros, a fait baisser les salaires et les budgets de l'éducation. Des manifestations en France et en Albanie, où la colère face au coût de la vie a donné lieu à des affrontements et à des dégradations de biens, ont précédé les défilés grecs. La police a indiqué que la foule réunie dans le centre d'Athènes et sa banlieue avait manifesté sans incident.

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Sources