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Conflits · depuis · maj · 8 sources

La police israélienne interpelle dix personnes après des attaques de colons contre une photojournaliste américaine et des diplomates européens

La police israélienne a annoncé lundi 19 octobre avoir interpellé dix personnes en lien avec la violence des colons en Cisjordanie occupée, dont l'agression d'une photojournaliste américaine et une attaque contre une délégation diplomatique européenne survenue la veille.

Les attaques du week-end

Vendredi 16 octobre, des colons masqués ont attaqué Heidi Levine, photographe de 63 ans pour The Washington Post, alors qu'elle couvrait la récolte des olives près du village palestinien d'Abu Falah. Elle a été plaquée au sol et frappée à coups de pied, et elle a déclaré aux journalistes que plus de 50 hommes masqués armés de bâtons s'en étaient pris à elle. Elle souffre notamment de quatre vertèbres fracturées, d'une côte cassée et d'un doigt presque sectionné qui a nécessité une opération, tandis que ses agresseurs ont emporté son appareil photo, son téléphone, son passeport et son portefeuille.

J'ai été pratiquement, en substance, lynchée par une bande de colons juifs dans la région de Ramallah.

— Heidi Levine

Samedi 17 octobre, un groupe d'hommes masqués armés de bâtons a attaqué une délégation diplomatique européenne qui participait à la récolte des olives près du village chrétien de Taybeh. La consule générale de Belgique à Jérusalem, Anick Van Calster, figurait parmi les personnes présentes et est sortie indemne, mais un maire français, Bernard Baudoux, a été frappé et la vitre d'une voiture officielle belge a été brisée. Des membres des ambassades de France et de Pologne figuraient aussi parmi les cibles, et un jeune Palestinien a été grièvement blessé dans une autre agression le même jour.

Dates clés des attaques de colons et des interpellations
16 oct. Des colons masqués attaquent la photojournaliste américaine Heidi Levine pendant la récolte des olives près d'Abu Falah
17 oct. Des hommes masqués attaquent une délégation diplomatique européenne en visite à Taybeh
19 oct. La police israélienne annonce dix interpellations après les attaques du week-end

La police interpelle dix personnes

Lundi 19 octobre, la police israélienne a annoncé avoir interpellé dix personnes tôt dans la journée en lien avec ces violences, dont l'agression de la journaliste étrangère et l'attaque présumée contre des diplomates à Taybeh. Selon la police, l'opération visait à retrouver des suspects ainsi que des personnes ayant enfreint des ordres militaires, notamment en pénétrant dans des zones déclarées zones militaires fermées. Certaines des personnes arrêtées ont été placées en garde à vue pour violation d'ordres de fermeture de zones, selon un communiqué de la police cité par Haaretz. La police a diffusé des images de l'opération, et un tribunal a ensuite prolongé la détention de six hommes de trois à quatre jours. Des organisations de colons ont indiqué qu'une perquisition avait visé une ferme sauvage près d'Ofra et un autre site à Shiloh, 15 kilomètres plus au nord, et que la police avait saisi plusieurs véhicules. Le commissaire de police Danny Levy a déclaré que la loi en Judée-Samarie s'applique à tous, quelles que soient l'identité ou l'appartenance.

Réactions du gouvernement et de la communauté internationale

Le bureau de Benjamin Netanyahu a soutenu que les circonstances de l'agression contre Heidi Levine n'étaient pas claires, et selon le Guardian, il a évoqué une agression présumée ainsi que des allégations non étayées selon lesquelles les diplomates auraient été visés. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné ces violences, en a rendu responsables des émeutiers israéliens et critiqué les consulats européens pour ne pas avoir coordonné la visite avec l'armée israélienne. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que l'administration était très préoccupée et attendait qu'Israël agisse. L'ambassadeur des États-Unis Mike Huckabee s'est félicité de ce qu'il a qualifié d'évolution très positive dans l'identification des agresseurs, tandis que le département d'État a condamné la violence criminelle de tout acteur en Cisjordanie et demandé que les responsables soient poursuivis. Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot a condamné l'attaque et exhorté les autorités israéliennes à traduire les responsables en justice. Gadi Eisenkot, principal rival électoral de Benjamin Netanyahu, a également rejeté ces violences.

La récolte des olives et un phénomène plus large

L'organisation israélienne de défense des droits humains Yesh Din a recensé plus de 269 incidents liés à la récolte des olives au cours des vingt jours précédant le 19 octobre. Ses données pour la période 2005-2025 montrent que 94 % des enquêtes de la police israélienne sur la violence des colons ont été closes sans mise en examen. L'ONG La Paix maintenant a indiqué que l'accès des agriculteurs palestiniens à 88,3 kilomètres carrés de terres, soit environ 20 % des oliveraies de Cisjordanie, était subordonné à une coordination militaire préalable en vertu d'ordres signés le mercredi 7 octobre. La communauté palestinienne de Turmus Ayya a interrompu sa récolte le dimanche 18 octobre, des colons s'approchant de la zone. Anick Van Calster a déclaré à VRT NWS que la présence des diplomates visait à dissuader les attaques.

Notre présence vise à dissuader les colons, mais nous ne cherchons jamais la confrontation. La violence a vraiment franchi un nouveau seuil.

— Anick Van Calster

Heidi Levine a estimé que l'attention mondiale portée à son cas mettait en lumière ce qu'elle décrit comme une politique de deux poids, deux mesures envers les Palestiniens.

Des gens vivent cela, subissent des attaques, perdent leurs biens, perdent des membres de leur famille, sont blessés dans toute la Cisjordanie, et rien n'est fait.

— Heidi Levine

Contexte électoral

Les Israéliens se rendent aux urnes le 27 octobre, pour la première élection depuis les attaques du Hamas en 2023. Benjamin Netanyahu cherche le soutien des colons, et Donald Trump lui a publiquement apporté son appui sur les réseaux sociaux. Le ministre d'extrême droite de la Sécurité nationale, Ben Gvir, a été interrompu par des manifestants lors d'une conférence à Tel Aviv et a quitté la scène, escorté par des agents de sécurité.

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Sources